1. Les fantasmes de Lucie (2)


    Datte: 07/02/2025, Catégories: En solitaire, Auteur: Exorium, Source: Hds

    C’est ma cheffe, Séverine. Une cheffe qui mène son service tambour battant. Qui règne carrément dessus, oui. Et qu’adore ça. Elle prend son pied, ça se voit, à donner des ordres. À se faire obéir au doigt et à l’œil. Et tout le monde file doux. Tu viens pas t’y frotter. Même les types. Surtout les types. Elle t’a une de ces façons de les casser devant tout le monde ceux qui veulent jouer aux plus malins avec elle que ça leur fait passer à tout jamais l’envie de recommencer. Et je suis bien tranquille que, s’il ne tenait qu’à elle, si elle avait les coudées tout à fait franches, elle ne s’en tiendrait pas là. Elle te leur ferait passer de sacrés sales quarts d’heure.
    
    Elle le fait d’ailleurs. Je suis sûre qu’elle le fait. Le soir, dans le secret de sa chambre. Tous, ils y attrapent. Une fois l’un, une fois l’autre. À tour de rôle. J’aime bien. J’en profite. Parce qu’imaginer mes collègues de travail en train de se faire fesser comme des gamins, le cul à l’air, ça a quelque chose de particulièrement réjouissant. Et je ne boude pas mon plaisir, j’avoue. Surtout quand c’est de Martial Dupin que je la fais s’occuper. Parce qu’il est imbuvable, Martial Dupin. Prétentieux. Arrogant. Méprisant. Et puis il t’a une de ces façons vicelardes de nous laisser traîner les yeux dessus, à nous, les femmes ! Ou de nous balader ses mains devant ou derrière. « Oh, désolé, je l’ai pas fait exprès. » Tu parles ! À d’autres ! Sans compter cette manie qu’il a de nous bombarder en permanence de ...
    ... petites phrases à double sens ! Son truc en fait, c’est de te mettre mal à l’aise. Tant qu’il peut. Chaque fois qu’il peut. Ça le fait bander. Mais ça, elle est pas dupe, la cheffe. Elle voit clair dans son jeu. Même si, avec elle, évidemment, il n’a pas du tout le même comportement. Avec elle, c’est lèche-bottes et compagnie.
    
    Non, elle est pas dupe. Et elle ne le ménage pas. Quand je veux. Quand j’ai envie. Je m’installe bien confortablement au creux de mes oreillers et je ferme les yeux. Je le lui fais convoquer dans son bureau. Dont on s’approche discrètement, ma collègue Cordelia et moi. Parce qu’il y a une longue fenêtre vitrée qui le sépare du couloir, son bureau, et que le rideau blanc qui court tout du long sur une tringle n’est pas tiré complètement jusqu’au bout. Il s’en faut de quelques centimètres. Du coup on peut voir tout ce qui se passe à l’intérieur, si on veut. Et entendre.
    
    - Vous êtes incorrigible, Dupin, hein ! Vous avez encore remis ça. »Il s’efforce de protester.
    
    - Mais non, jamais de la vie, je vous assure !
    
    - Arrêtez donc de nier l’évidence ! Vous aggravez votre cas ! Harcèlement. Vous savez ce que ça signifie, harcèlement ? Ce que ça peut vous coûter ?
    
    Il sait, oui, mais il n’a rien fait. Rien du tout. Absolument rien.
    
    - Ce sont elles qui…Elle hausse furieusement les épaules.
    
    - Vous m’agacez, Dupin ! Vous m’agacez vraiment. Et vous me faites perdre mon temps. Trêve d’ergotages. Vous étiez prévenu. Alors ou bien vous vous déculottez et ...
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