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La der des ders
Datte: 28/01/2025, Catégories: fh, couple, amour, caresses, mélo, nostalgie, historique, Auteur: Patrick Paris, Source: Revebebe
... Seine. Tous les soirs, le flot des ouvrières regagne la capitale. Des femmes qui passeront seules la soirée dans l’attente du retour de leur mari ou d’une lettre de l’administration militaire, leur hantise. La guerre s’éternise malgré les combats acharnés relatés dans les journaux. Lison a peur, Paris est maintenant la cible des bombardements. Tirés par la Grosse Bertha, des obus tombent sur la capitale dans un vacarme assourdissant. Enfin un peu d’espoir, cette année, des milliers de boys américains viennent combattre sur le sol français. Lison reçoit une enveloppe officielle qui contient deux lettres, sur la première « Madame Lise Duval », sur la seconde « pour Lison ». Lison comprend que cette lettre est de Charles-Henri. En tremblant, elle ouvre cette dernière : Lison est émue, Charles-Henri, mort ! Elle a du mal à le croire. Une larme tombe sur la lettre qu’elle a posée sur ses genoux. Machinalement, elle ouvre l’autre lettre, celle d’un Notaire qui stipule que madame Lise Duval hérite de l’appartement parisien de Charles-Henri, ainsi que d’une rente pour lui permettre de l’entretenir et d’élever ses enfants. Respectant les volontés de Charles-Henri, le notaire, exécuteur testamentaire, aide Lison à s’installer dans l’appartement qui lui a été légué. Lison a beaucoup pleuré en relisant dix fois la lettre de Charles-Henri. Les souvenirs lui sont revenus, mais sa vie est ailleurs, maintenant elle attend le retour de son homme. Quelques mois ...
... plus tard, l’armistice est signé, c’est la fin des combats. Quand son fils rentre, il est étonné de voir sa mère installée dans les beaux quartiers. Elle lui montre la lettre du notaire, l’autre c’est son jardin secret : — Henri, il faut que je te parle. En choisissant bien ses mots pour ne pas trop le heurter, Lison lui raconte sa jeunesse. Son fils apprend qu’Albert n’est pas son père, son vrai père. Le choc doit être rude pour lui. Il écoute sa mère sans l’interrompre. Enfin, n’y tenant plus : — Mais maman, il a profité de toi… Il t’a abandonnée alors que tu attendais un enfant. — Non, voyons ! Je savais qu’il m’aimait, mais les convenances n’étaient pas celles d’aujourd’hui. Notre amour était impossible, c’est la vie qui nous a séparés. Et puis j’ai rencontré Albert, le meilleur des hommes, le meilleur des pères. Je l’ai de suite aimé, sincèrement. Il m’a rendue heureuse depuis le jour de notre rencontre. Il t’a adopté sans me poser de question et t’a élevé comme son propre fils. — Papa ! dit Henri, la gorge nouée. ---oOo--- Petit à petit, les soldats rentrent chez eux, enfin presque tous. Certains sont prisonniers, d’autres dans les hôpitaux militaires construits sur les zones de combats. Aucune nouvelle d’Albert, Lison est inquiète. Cela fait cent fois qu’elle relit sa dernière lettre, reçue il y a quatre mois déjà. Elle la connaît par cœur, mais encore et encore elle veut voir son écriture, ces mots, c’est un peu lui. Depuis quatre mois, plus rien. ...