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La der des ders
Datte: 28/01/2025, Catégories: fh, couple, amour, caresses, mélo, nostalgie, historique, Auteur: Patrick Paris, Source: Revebebe
... contente d’elle et s’assied sur lui à califourchon. Elle s’empale sur sa queue bien dressée, les mains appuyées sur ses épaules, cambrée, les seins en avant. Albert la regarde dans les yeux tout en lui pétrissant la poitrine. Les yeux dans les yeux, ils jouissent à l’unisson. Elle s’écroule sur lui, essoufflée. Ils s’embrassent serrés dans les bras l’un de l’autre. — J’ai sommeil, lui dit Lison… mais avant, viens. Elle tire Albert par la main. En riant, ils vont se laver dans le tub plein d’eau que, prévoyante, elle avait préparé dans la cuisine. Quelques mois plus tard, un matin, en sortant faire ses courses, Lison est attirée par les attroupements devant des affiches placardées à tous les coins de rue. « Mobilisation générale », c’est la guerre. Sous le choc, personne ne parle, le silence est pesant. Lison rentre vite chez elle, la gorge serrée. Elle le sait, son mari et son fils vont devoir partir faire la guerre pour un type qui s’est fait assassiner à des milliers de kilomètres d’ici. Pourquoi ? Albert est au travail, il est parti tôt ce matin, il doit déjà savoir. Lison a pleuré toute la journée, elle se ressaisit, elle ne veut pas qu’il voie ses yeux rougis quand il rentrera. Trois jours plus tard, Albert arrive en milieu d’après-midi avec son fils, un paquetage sous le bras. Lison comprend : — Non ! Pas déjà ! Le départ pour le front est prévu le lendemain. Albert tente de la rassurer : — Ce n’est qu’une affaire de quelques jours, un ...
... mois tout au plus. On sera de retour à Noël, lui dit-il en l’embrassant. Lison lui sourit. Elle aimerait le croire, mais au fond d’elle-même, elle a peur. Pour leur dernière nuit, Albert et Lison ne peuvent fermer l’œil, trop de pensées se bousculent dans leurs têtes. Ils tremblent dans les bras l’un de l’autre. Tendrement, sans même s’en rendre compte, ils font l’amour et s’endorment en ne faisant plus qu’un. Le lendemain, Albert et Henri sont beaux dans leurs uniformes tout neufs. Sur le quai de la gare rempli de familles en pleurs, Albert serre contre lui ses deux filles et embrasse Lison avant de monter dans le train. Elle lui dit ce que certainement toutes les femmes disent à leur mari et à leur fils au même instant : — Ne t’expose pas trop mon chéri, laisse aller les autres. — … — Et prends soin de notre fils, lui murmure-t-elle, afin qu’Henri n’entende pas. Ses yeux sont secs d’avoir tellement pleuré depuis deux jours, mais Lison sourit, elle ne veut pas laisser une image sombre au moment de se quitter. Regardant le train s’éloigner, en voyant toutes les têtes et les bras qui s’agitent aux fenêtres, elle éclate en sanglots. Tenant ses deux filles par la main, Lison reste plusieurs minutes à fixer les rails vides. Comme toutes les femmes autour d’elle, elle va rentrer chez elle pour attendre, attendre le retour des hommes, le retour de son mari et de son fils. ---oOo--- Depuis son mariage et son installation en tant que directeur de l’usine ...