1. Raison d'État


    Datte: 15/01/2025, Catégories: fh, inconnu, caférestau, policier, Auteur: Charlie67, Source: Revebebe

    ... ferma les yeux dans l’attente de sa jouissance.
    
    ***
    
    Casanova enfila d’abord ses gants de chirurgien, puis déchira l’enveloppe de la combinaison stérile. Il s’en revêtit avec précaution. Doucement, il introduisit la clé dans la serrure, il en avait fait une empreinte plusieurs mois auparavant, au cas où… !
    
    Avant d’entrer, il passa ses surchaussures et mit un masque intégral. Il ne faudrait pas qu’il laisse la moindre trace d’ADN. Doucement, il se glissa à l’intérieur du chalet.
    
    Il entendait les gémissements du couple qui s’amplifiaient au fur et à mesure de son avancée. Il hasarda un coup d’œil et vit que la situation était parfaite.
    
    La jeune femme chevauchait son amant qui avait fermé les yeux. Elle tournait le dos à l’intrus, mais cette scène d’un érotisme torride laissait Casanova de marbre. Son revolver sur lequel il avait vissé un silencieux était chargé, prêt à accomplir son œuvre. S’approchant du lit, il appliqua l’arme contre la tempe de la femme, et tira. Plus que le bruit, c’est le poids et l’inertie du corps qui ramena Jérémy sur terre. Une peur panique mêlée d’incompréhension se lut dans ses yeux à la vision du genre de cosmonaute qui surplombait le lit.
    
    Le tueur profita de cette stupeur pour lui saisir la main, y placer le revolver et le diriger vers sa tempe. L’obliger à appuyer sur la queue de détente ne fut qu’un jeu d’enfant. Casanova se releva et contempla le spectacle. C’était parfait… ! La position des corps ne laissait aucune ...
    ... équivoque, les flics trouveraient de la poudre sur les mains du gars et il n’avait laissé absolument aucune trace. Il démonta délicatement le silencieux, car même si les pandores ne sont pas toujours très malins, là, ils pourraient se poser des questions.
    
    Un dernier coup d’œil pour être sûr de ne rien avoir oublié et il ressortit, prenant bien soin de refermer derrière lui. Il sourit intérieurement, les poulets allaient se retrouver avec un mystère à la Rouletabille. Après avoir retiré ses vêtements de protection et les avoir mis dans son sac, il enfila des chaussures de marche et s’en fut par un chemin forestier. Il avait plus de dix kilomètres à parcourir pour retrouver sa voiture garée sur un parking public, deux villages plus loin. Rien ne pouvait le rattacher à ces morts.
    
    Mission accomplie !
    
    ***
    
    Un an après cette affaire, Dubreuil demanda audience à sa patronne. Habituée au personnage et à ces interventions qui prennent toujours « des plombes » avant d’arriver à son sujet, elle le brusqua :
    
    — Qu’est-ce qui vous amène Dubreuil, soyez bref, je n’ai que peu de temps à vous consacrer ?
    — Ce qui m’amène, c’est ceci, répondit-il en tendant un magazine « people » où, en arrière-plan d’une photo d’un jet-setter célèbre, était entouré, au feutre rouge, un couple étroitement enlacé.
    
    Aline prit le temps d’examiner la chose et un inhabituel sourire orna son visage.
    
    — Feriez-vous dans le potin mondain, Dubreuil ? Si Jean Casanova a envie de s’afficher en public avec sa ...