1. Raison d'État


    Datte: 15/01/2025, Catégories: fh, inconnu, caférestau, policier, Auteur: Charlie67, Source: Revebebe

    ... Il s’en réjouirait presque si sa journée n’avait été si mauvaise, avec son licenciement. Il était d’ailleurs temps de trouver une compensation, un réconfort, et cet homme allait le lui donner, il en était persuadé.
    
    Son hôte le fit asseoir dans un vaste canapé de ce salon aux formes vieillottes, mais qui respiraient l’opulence. Ils n’étaient qu’à un mètre de distance et se regardaient en souriant. Jérémy aurait bien bu un dernier verre avant de passer à la casserole. Peu importe si cet alcool ne venait pas, l’important était justement que cet homme le prenne dans ses bras, le cajole, le soumette, le baise.
    
    Oui, voilà, il voulait être soumis, ne plus penser à rien, juste lâcher prise. C’est à ce moment que l’homme sortit une photo de son portefeuille. Photo d’une magnifique jeune femme qu’il contempla d’un air concupiscent.
    
    ***
    
    Olga ne put s’empêcher de sourire face au culot de son interlocuteur. Des machos, elle en avait connu et peu lui avaient déplu. Toutefois, la plupart de ces hommes y mettaient les formes, même s’ils étaient guidés par leur seul désir de la sauter.
    
    Cet homme lui proposait « cash » de coucher après juste trois phrases échangées, sans souci de préserver les apparences.
    
    Elle avait très envie d’accepter… ! La rudesse, la brutalité du propos décupla l’envie qu’elle avait ressentie en évaluant son suiveur.
    
    — Si je comprends bien, Monsieur sans nom, vous me proposez une partie de jambe en l’air ?
    — C’est un peu cela, madame, mais tout de ...
    ... même un peu plus compliqué.
    — Je ne vois pas ce qu’il y a de compliqué de me baiser par tous les trous et ensuite bye, bye… !
    — Disons que ce sera un peu plus romantique que cela.
    — Ah ? répondit Olga, légèrement interloquée.
    
    Il sortit son portefeuille et lui présenta une photo. Elle la prit d’une main, y jeta un regard. Toujours dubitative, elle demanda :
    
    — C’est qui ?
    — Un homme qui vous aime !
    — Ah, et pourquoi ne le dit-il pas lui-même ?
    — Il est d’une timidité maladive.
    
    Olga regarda encore une fois la photo et trouva l’homme vraiment mignon.
    
    ***
    
    Aline, maintenant l’opération lancée, recevait Casanova seule à seul. La plus parfaite discrétion était de mise.
    
    — Bonjour, Monsieur Casanova, où en sommes-nous ?
    — Les choses fonctionnent comme je le pressentais et la cible va prochainement rencontrer notre pigeon. L’issue fatale ne pourrait arriver qu’à très brève échéance après cela.
    — Combien de temps ?
    — Une semaine au maximum.
    — Vous vous êtes beaucoup impliqué, Casanova. Comment envisagez-vous la chose pour passer en dessous des radars de la justice de notre pays ?
    — J’allais y venir, Madame, et je pense qu’un congé sabbatique, genre arrêt maladie pour surmenage, serait judicieux.
    — Il est sûr qu’un « juriste adjoint à l’environnement » a toutes les chances d’être surmené, reprit-elle d’un ton sarcastique.
    — Je pense que trois ans avec plein salaire seraient tout à fait justifiés.
    
    Aline regardait son subordonné avec une certaine admiration. ...
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