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Quand le soleil monte à Saint-Jean.
Datte: 22/12/2024, Catégories: grp, nostalgie, regrets, Auteur: Iovan, Source: Revebebe
... très contente de t’avoir fait venir… Elle dit cela, presque lointaine. — Chérie… ! Je caresse son beau visage, pose un baiser sur sa joue… Son regard s’est troublé… quand elle me regarde à nouveau, elle a perdu un peu de cette hauteur, cette presque arrogance… Elle penche la tête, ses yeux dans les miens, c’est une invite, je ne peux m’y tromper. Je me penche sur elle et embrasse sa bouche… baiser rapide. Nous sommes déjà dans ce combat qui ne dit pas son nom, jeu de la résistance et de l’abandon. Les autres nous épient, et guettent entre deux gestes, derrière les mots anodins de la conversation, qui d’elle ou de moi saura avoir raison… Tout à l’heure, je poserai ma main sur sa cuisse, peut-être me regardera-t-elle ou, donnant le change, fera-t-elle comme si de rien n’était, alors que glissant sous le léger imprimé chenillé de sa jupe, je trouverai sous le porte-jarretelles, la peau soyeuse des cuisses que je grifferai doucement et, très vite, m’immiscerai sous le petit string écartant de mes doigts impatients les lèvres douces, en plongerai deux dans l’antre velouté et les en retirant, les porterai ma bouche. Nous bavardons un moment, et la serveuse arrive, calepin à la main, stylo levé. — Avez-vous fait votre choix, messieurs dames ? Souriante, elle a ce charmant accent dont pas mal de snobs ont l’habitude de se foutre. Ça se prolonge, un peu. — Côtes d’agneau… et puis non. Je vais plutôt prendre une truite… non, je vais prendre… et puis ...
... non… Et puis, merde… ! doit sûrement penser la gamine, qui ne se départit pourtant pas de son sourire de commande. La serveuse est repartie, j’amène mes doigts à ma bouche et discrètement, les lèche. Agnès me regarde, je me penche sur elle, elle ferme les yeux, je l’embrasse. Kate nous regarde, et sourit. C’est un repas agréable, enjoué, pendant lequel dans les conversations qui se veulent légères, se glissent des allusions qui font sourire, charment et anticipent les plaisirs à venir. Agnès introduit une règle qui, semble-t-il, n’est pas vraiment nouvelle pour leur groupe : tout est permis, flirt, caresses, chatteries et mignotises… mais pas l’étreinte, qui ne sera permise qu’après le coucher du soleil… et de citer le célèbre vers de Polyeucte. Décadence codifiée, c’est marrant… Ça m’amuse… et me plaît. Nos traînons un peu à table, je caresse Agnès et nous nous regardons des promesses dans les yeux, nous chuchotant à la dérobée, des mots mouillés. Daphné et Kate s’embrassent… Il y a bien quelques regards, mais même ici, ça ne choque plus. Nous remontons la rue de la Citadelle peuplée de touristes, en flânant, nous arrêtant pour visiter quelques boutiques, nous chinons gentiment, les filles rejouant la comédie de la sempiternelle guéguerre filles garçons… — C’est ici ! Agnès nous a arrêtés devant une grande et belle maison en pierre de la Rhune, aux hautes fenêtres à petits carreaux. Le linteau de pierre monumental porte la date de son inauguration : 1763. ...