1. L'expérience Cassandre


    Datte: 07/12/2024, Catégories: cérébral, nonéro, sf, Auteur: Alfafa, Source: Revebebe

    ... comprenais rien… et je continuai de paniquer… je tremblais… j’avais l’impression de manquer d’air… je sentais mon cœur tambouriner…
    
    — Stop ! Interruption !
    — Que s’est-il passé ?
    — Je ne sais pas, mais ses paramètres sont limites. J’arrête.
    — Yuang, vous m’entendez ?
    — Il ne réagit pas. Mais tout semble revenir à la normale. Ça redescend.
    — Yuang ?
    
    Je l’entendais, oui. Et je reconnaissais sa voix. La voix du docteur Loussouko. C’était elle qui dirigeait tout, ici. C’était à elle et à son équipe que je devais d’avoir été quelques minutes une belle jeune femme rousse attirante, peu vêtue, sans le sou, et muette.
    
    — Yuang ?
    — Oui, oui, ça va, je vous entends.
    
    Je l’entendais, mais je ne la voyais pas. J’étais toujours enfermé dans un solide caisson.
    
    — Que s’est-il passé ? Où étiez-vous ?
    — Je ne sais pas. Qu’est-ce que… qu’est-ce qui m’est arrivé ?
    — Vos paramètres vitaux se sont emballés. Rien de grave. Je vous envoie un peu d’endorphines. Vous irez mieux dans un instant.
    
    Je soupirai de dépit, à mesure que quelques éléments me revenaient. Au nom de la science, j’avais accepté de participer à un projet gouvernemental. Une impressionnante expérience innovante, une exploration des capacités de l’esprit humain. Et ce matin était le grand jour. J’avais accepté de m’allonger dans ce caisson et de me laisser endormir et manipuler. Mais le réveil était trop brutal, trop tourmenté, trop désagréable. Je pris la décision d’arrêter.
    
    — Je suis désolé, ...
    ... docteur, mais je préfère m’arrêter là.
    — Calmez-vous, Yuang. Et racontez-moi plutôt ce que vous avez vu.
    — Je sais pas, c’était bizarre. J’étais une femme, une femme superbe, dans une grande ville. Mais je ne comprenais rien, ni quand je lisais, ni quand les gens me parlaient. Et surtout, j’étais muette.
    
    Elle ne répondit rien, mais je l’entendis chuchoter quelques mots, et il me sembla que son assistant acquiesçait, et tapotait sur un clavier.
    
    — En tout cas, première et dernière fois que je me prête à vos expériences, c’est trop flippant.
    — Allons, du calme. Vous ne vous souvenez de rien d’autre ?
    — Euh… non, pas vraiment… Il faisait beau, froid… Je ne portais qu’une fine robe, tout le monde me matait… Laissez-moi sortir, maintenant ! Ouvrez le caisson, je commence à manquer d’air !
    — Je vous envoie un peu d’air. Anton ?
    — Oui, je m’en occupe, répondit une voix masculine.
    — Aucun autre souvenir ? Que faisiez-vous là-bas ?
    — Aucune idée. Mais allez, c’est fini, ouvrez-moi !
    
    Il n’y eut aucune réponse. Cette fois, ça commençait à bien faire. Je haussai le ton pour crier d’une voix rageuse :
    
    — Sortez-moi d’ici !
    
    Après un nouveau silence, la voix plus douce de la doctoresse reprit :
    
    — Écoutez, Yuang, je ne peux pas vous sortir de là pour l’instant. Vous devez faire un effort et vous remémorer davantage. Vous n’avez pas de souvenirs d’avant ? Avant cette ville ?
    
    Avant ? À part ce matin, lorsque j’avais accepté de m’allonger dans ce putain de caisson…
    
    — ...
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