1. Toujours envisager le pire


    Datte: 04/11/2024, Catégories: fh, extracon, dispute, reconcil, pied, extraconj, cocu, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe

    ... tous ces jours, ai-je fini par pouvoir dire. Lis mes lettres au moins avant qu’on en parle. Je t’attends avant ce soir à la maison. Si tu ne viens pas, je reviens ici et je fous le feu à la baraque.
    
    Et je suis parti. En passant à côté du petit monsieur, je vis qu’il était plus ou moins blond et frêle. Ce n’était pas lui, le poilu du dos. Un choc de plus. Je ne savais plus vraiment qui était ma femme.
    
    La journée a été longue. J’ai acheté un téléphone prépayé. J’ai appelé l’agence immobilière et je leur ai passé un savon pour avoir osé vendre un bien sans vérifier que la vendeuse était la propriétaire. J’ai appelé mes parents pour les remercier d’avoir gardé Lena, et pour eux, j’ai inventé un séminaire formidable en Caroline du Sud. J’ai appelé mon patron pour l’avertir que j’étais prêt à retourner au boulot dès le lendemain matin, et j’ai plongé dans les documents de mon cartable pour essayer de comprendre où j’en étais avant la scène avec Anna et son amant, mais les chiffres se mélangeaient devant mes yeux et je n’avançais pas. À un moment, j’ai piqué du nez sur ma paperasse et quand je me suis réveillé, la nuit tombait. Je n’avais pas de nouvelles d’Anna. J’avais annoncé que j’irais mettre le feu chez lui, mais j’allais laisser tomber. Si Anna ne venait pas, plus rien n’avait de sens. Ma vie n’avait pas de sens.
    
    À ce moment, j’ai entendu une voiture se garer devant la maison. Je me suis rendu compte que je n’avais pas pris de douche depuis mon départ du motel la ...
    ... veille, que je n’étais pas rasé, qu’Anna allait me trouver vieux et moche. Elle entra. J’étais à moitié étalé sur le canapé et elle était debout à côté de la table où je l’avais vu se laisser baiser par Dos Poilu. Mais ce n’était pas la même femme, pas la même non plus que celle qui déjeunait en nuisette ce matin dans ce litking size. Mon Anna venait de rentrer à la maison. Je le sus aussitôt parce qu’elle avait l’air timide et embarrassé qu’elle prenait quand je lui proposais d’aller au cinéma, à la fac.
    
    Elle portait un jean et une chemise à carreaux, la tenue qu’elle mettait quand je l’emmenais pêcher la truite, avant qu’on couche ensemble. Je lui avais raconté que j’aimais passer des week-ends dans les montagnes à la recherche des petits torrents à truite dans des coins perdus de l’État de New York. Elle avait dit : « Oh, c’est intéressant, tu m’emmènes ? » et nous étions partis dans ma vieille Chevrolet qui pouvait aussi bien claquer avant la fin du voyage. Dans la voiture, je lui avais dit que j’étais impressionné parce qu’il y avait peu de filles prêtes à se lever à l’aube pour une partie de pêche. « Je n’aime pas la pêche, mais je crois bien que j’aime être avec toi » avait été sa réponse.
    
    Et maintenant, on était là à se regarder en silence. Je suis sûr qu’elle aussi avait des souvenirs qui lui trottaient dans la tête, mais ils n’étaient peut-être pas flatteurs pour moi. Le jean moulait bien l’arrondi de ses hanches et la chemise était tendue sur ses seins que je ...
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