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Méli très mélo
Datte: 22/10/2024, Catégories: ff, lesbos, Auteur: Claude Pessac, Source: Revebebe
... coup, la poupée de chiffons, assise toute ratatinée au bord du lit, s’était redressée. — Mais dis donc, je réalise un truc ! Ça fait x fois que je viens chez toi et t’es toujours toute seule. Tes parents ne sont jamais là ! Ils sont où, tes parents, ils bossent tous les jours ? Même le dimanche ? C’est quoi le blême ? Françoise avait cherché une explication plausible :« En fait, ils… ». En fait quoi ? Elle n’avait pas trouvé. Elle n’avait pas voulu trouver. Pas envie de mentir à son amie. Surtout pas un jour comme celui-là. Alors elle avait expliqué, l’accident, la mort de ses parents, de ses frères, les jumeaux. Et que sa dernière parente, sa grand-mère, « habite l’étage en dessous, mais ne va pas très bien depuis quelques mois ». Ces premiers aveux avaient lézardé le mur de ses secrets. La digue avait cédé, tout le reste avait suivi : toutes ses peurs, ses blocages, ses méfiances. Le rire et les ragots de Tristan et du coup, son insurmontable complexe au sujet de ses seins. Les moqueries incessantes en classe, les vexations, les brutalités, le harcèlement scolaire si destructif. L’agression aussi. Bref : la totale. Explosée, atomisée par ces révélations, le visage baigné de larmes, Alejandra était restée sans voix et avait pris son amie dans les bras, la serrant contre elle, la câlinant longuement. — Non, mais quelle conne, je suis ! Moi qui te poussais à… Ma pauvre chérie, en fait, tu dois détester les mecs ! — Non, tu as tort, s’était défendue Françoise. Tu ...
... n’y es pas, je n’ai rien contre les hommes. Je suis même tombée amoureuse, plusieurs fois. À m’en tordre les tripes des nuits entières ! Mais je n’arrive pas à faire le premier pas, à m’approcher : j’ai besoin d’observer d’abord, longtemps, pour être sûre, me rassurer et alors, il suffit qu’à un moment ou à un autre le gars ait un regard un peu appuyé sur les seins d’une bimbo, il suffit d’une réflexion de sa part, d’un simple geste et je bloque, je cale, je fuis ! Par réflexe, Alejandra avait croisé les bras sur sa poitrine. — Et moi en fait, bimbo blondasse à nibards D+, je suis exactement le genre de filles que tu détestes… — Mais non, ma pauvre ! Tu n’es pas plus responsable de l’irrésistible attirance magnétique de ta poitrine que je ne suis moi de la… de la risible platitude de mes… seins, si on peut les appeler comme ça ! — Non Fran’, tu exagères : tu n’es pas plate ! Je les ai vus, moi, tes seins, sous la douche, tu te rappelles ? OK, c’est format mini, mais ils sont… formés, tes seins… de petites, mais jolies courbes et crois-moi, ils sont tout à fait appétissants, tu sais, avec leurs sombres framboises… à croquer ! — Mouais ! Mais bon, en tout cas, je compte sur toi pour rester discrète sur tout ce que je t’ai dit. Tu es la toute première personne en qui j’ai suffisamment confiance pour tout avouer. — Fran’, si j’avais su… — Si tu avais su, tu n’aurais pas été aussi franche, aussi directe, ni aussi craquante ! Et ça aurait été bien dommage ! — Oui-non, ...