1. 0323 Une course contre la montre et beaucoup d’endurance.


    Datte: 01/10/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... alors que je ne peux même plus te baiser !
    
    — Je m’en fous que tu ne puisses plus me baiser ! Je suis certain que ce n’est qu’une mauvaise passe, et que tout va revenir dans l’ordre.
    
    — Peut-être que ça ne reviendra pas !
    
    — Je te dis que si. Et même si ça ne revenait pas, tu crois que je te laisserais tomber à cause de ça ?
    
    — T’as toujours kiffé ma queue, et maintenant, elle ne marche plus. Je ne vaux plus rien !
    
    — Bien sûr que je kiffe ta queue ! Mais c’est toi que j’aime, avant ta queue ! Et tu vaux tout l’or du monde à mes yeux, que tu bandes ou pas ! Putain, mais tu n’as pas compris ça encore ?!
    
    — Tu serais peut-être plus heureux avec un autre gars, plutôt que de t’enterrer, ici, avec moi !
    
    Ce qu’il vient de dire me touche énormément. Je reçois ces derniers mots, ce sacrifice qu’il serait prêt à faire, de me laisser partir pour ne pas me noyer avec lui, comme des mots d’amour.
    
    — Je ne te laisserai pas tomber, tu entends ?! Je t’aime, espèce d’idiot !
    
    Je m’allonge à côté de lui et je le prends dans mes bras. Je ressens toutes les tensions et les inquiétudes qui secouent son esprit et qui irradient dans son corps. Jérém est déçu et soucieux. J’essaie de l’apaiser en le couvrant de câlins.
    
    Lundi 19 mai 2003.
    
    Ce matin, Jérém a passé des examens au genou et au pied. C’est en début d’après-midi que le docteur Dupuy doit faire le voyage depuis Toulouse pour faire un bilan sur son opération. Jérém est très silencieux ce matin. Je devine qu’il est ...
    ... très inquiet. Je sens qu’il a besoin d’être soutenu. J’ai envie de lui proposer de l’accompagner, mais je redoute sa réaction. A ma grande surprise, c’est de lui que vient cette proposition.
    
    — J’aimerais que tu viennes avec moi au rendez-vous avec Dupuy…
    
    — Mais c’est avec grand plaisir que je t’accompagne, chéri !
    
    Le docteur Dupuy regarde attentivement l’imagerie réalisée le matin. Puis, il examine le patient. Il l’invite à faire des mouvements avec ses articulations blessées, articulations qu’il ausculte avec ses mains. Il est extrêmement concentré, et son regard affiche une certaine gravité. Pourvu qu’il n’ait pas encore de mauvaises nouvelles à annoncer !
    
    — Vous pouvez vous rhabiller.
    
    — Alors ? lance Jérém, impatient et inquiet.
    
    — Alors, alors. Ce que je vois, c’est exactement ce que j’avais envie de voir. Autrement dit, tout se passe on ne peut mieux. Le tendon est bien accroché, il est souple. Et même les croisés du genou n’ont pas trop perdu de leur souplesse. Le travail du kiné est excellent.
    
    Jérém a l’air soulagé, et apaisé. Il est ému. Je suis tellement heureux que j’ai du mal à contenir mon émotion.
    
    — Tout va bien, mon garçon, il n’y a qu’à reprendre la rééducation dans une semaine, et le tour est joué. Mais il faut être patient, il faut que ça cuise à feu doux, sinon tu vas tout cramer à nouveau. Autrement dit, tu n’auras pas d’autres sursis. Si ça recasse, on ne pourra plus réparer.
    
    Le docteur Dupuy est très professionnel, mais aussi ...
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