1. « Matrone et Domina : Tullia, une patricienne hypersexuelle dans la Rome impériale » (21) : Baïes, d


    Datte: 11/07/2024, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: Olga T, Source: Hds

    ... Parsam n’a rien perdu des cris d’amour des amantes. Il est heureux et rassuré, conscient des blessures de l’une comme de l’autre et que leur amour aidera à les cicatriser. Il sait combien Tullia avait besoin de retrouver les étreintes de sa Lucia.
    
    Il fait signe à Decimus, qui avait attendu le bon plaisir de la Domina, comme elle en avait exprimé le désir, que cette première nuit à Baïes sera celle de Tullia et de Lucia.
    
    Le lendemain matin, une fois certain que les jeunes femmes sont réveillées, Parsam se présentera et fera l’amour à Tullia, en présence de Lucia. Puis, il fera appeler Decimus pour apaiser la libido si exigeante de la jeune patricienne. Lucia sera le témoin des plaisirs de la femme qu’elle aime. Comme Valens avant elle, elle sait que Tullia, outre qu’elle est bisexuelle, ne peut être la femme d’un seul amour. Lucia est heureuse de voir la force des sentiments que porte Parsam à Tullia. Elle constate aussi que l’hypersexualité de la jeune patricienne est toujours aussi forte, elle est même exacerbée par son état de femme enceinte.
    
    Après avoir fait l’amour avec Parsam, en présence de Lucia, Tullia lui a pris la main et, surmontant la terrible perte de Valens, elle s’est mise à déclamer ces vers issus d’une élégie de Sulpicia, une poétesse du temps d’Auguste :
    
    • : « Je brûle, moi, plus que toute autre, Cerinthus. J’aime le mal dont je brûle, pourvu que tu partages ma flamme »
    
    Parsam la regarde avec un amour infini. Il n’a pas la ...
    ... culture de Valens, mais mesure ce que signifie ce vers, tout l’amour que Tullia a pour lui.
    
    Les textes de Sulpicia ont été cités par Tibulle, un des auteurs préférés de Tullia. Sulpicia avait su, dans des termes comparables à ceux d’autres poètes élégiaques, chanter les affres de sa passion pour son amant Cérinthus, à qui sa condition sociale inférieure à la sienne interdisait de vivre pleinement son amour. Le message de Tullia est clair envers Parsam. Celui-ci sait qu’étant étranger et affranchi, il ne peut épouser une patricienne. Mais il sait que c’est un amour infini qui les unit.
    
    Lucia et Parsam vont apporter à Tullia, pour qui la perte de Valens est toujours une blessure ouverte, l’amour dont elle a tant besoin. Ils connaissent l’un et l’autre les pulsions sexuelles de Tullia. Baïes constitue a priori de ce point de vue un lieu idéal pour Tullia. Elle n’a aucune l’intention de se remarier. Elle a auprès d’elle son fidèle Parsam, son eunuque arménien « spadones » qui l’aime et entend la protéger, y compris contre ses propres excès. Opéré après la puberté, Parsam a une capacité virile intacte, qui le rend capable de véritables prouesses sexuelles, destinée à compenser son incapacité à engendrer (voir en particulier chapitre 4 « Épreuves et amour », paru le 12 septembre 2021)
    
    D’origine étrangère, affranchi, la loi romaine ne permet pas cependant pas à Tullia d’épouser Parsam, qui ne peut que vivre avec elle en concubinage.
    
    (A suivre « 22 Carpe Diem ») 
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