1. 0325 Un été, un voyage et des retours.


    Datte: 05/07/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... dit ça, à l’époque des « révisions » dans l’appart de la rue de la Colombette, j’aurais cru à une blague cruelle. Et pourtant, c’est devenu une magnifique réalité. Putain, Jérém, tu es vraiment incroyable !
    
    En tant que camarade d’école, j’ai le droit de partager le lit avec mon amoureux. Je doute fort que ce serait le cas en tant que petit-ami. Définitivement, la vie est truffée de paradoxes, de contre-sens et d’injustices.
    
    Au menu du repas du soir, des spaghetti « salsa puttanesca », littéralement « une sauce de fille aux mœurs légères ». Cette sauce, qui est une saveur typique de Napoli, est relevée par l’ajout d’un piment genre Espelette.
    
    Cœurs sensibles (et surtout papilles sensibles), s’abstenir. La première bouchée semble inoffensive. Ça met en confiance. Mais ce n’est que du bluff ! C’est à partir de la deuxième que l’incendie se déclenche en arc dans le palais. Et pour l’éteindre, je vous souhaite bonne chance !
    
    Pendant le repas, il est longuement question de souvenirs liés à l’enfance de Jérém et de Carmelo, et des bêtises qu’ils pouvaient accomplir lorsqu’il se retrouvaient pendant l’été. En connaître davantage sur les origines et l’histoire du garçon que j’aime, c’est fascinant. Mais la barrière de la langue est pour moi insurmontable.
    
    J’ai vraiment du mal à suivre les conversations, et ça me frustre terriblement. Jérém s’efforce de traduire dans les deux sens, mais il fatigue vite, d’autant plus qu’il cherche souvent les mots en italien. Aussi, les ...
    ... parents de Carmelo parlent un dialecte, le napolitain, qui n’a pas grand-chose à voir avec l’italien.
    
    Lorsque les parents parlent, Carmelo traduit à Jérém, en italien, mais avec un bon accent du sud. Jérém essaie de comprendre ce que lui raconte son cousin et tente de me le traduire en français. C’est un joyeux téléphone arabe qui amène toute sorte de quiproquos bien marrants.
    
    Jeudi 21 août 2003.
    
    Cernée par la silhouette imposante du Vésuve, tel un fauve prêt à bondir sur sa proie à chaque instant, Naples a des allures de ville sous menace perpétuelle.
    
    Malgré quelques désagréments – la circulation chaotique, le bruit, la pollution, beaucoup de déchets qui traînent, des tags partout, et pas tous d’un très bon goût – Napoli a énormément de beauté à offrir. L’ordure y côtoie le sublime, la pauvreté l’ostentation de richesse, le faste des édifices anciens, bien que parfois très dégradés, la misère des quartiers pauvres. Si Napoli est si particulière, c’est parce qu’elle a connu plus d’une domination étrangère, et en a retiré une pluralité de visages.
    
    Les habitants sont tout aussi hauts en couleur que leur ville. Bruyants et charmants, avec le sang chaud. Ça parle fort, ça parle avec les mains, ça siffle et ça chante parfois, y compris dans la rue.
    
    Côté sécurité, ce n’est pas non plus la ville la plus tranquille du monde. Il arrive que les balles fusent. Ce sont des règlements de comptes entre clans.
    
    — Mais si tu ne fourres pas le nez là où il ne faut pas, tu ...
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