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Entre parquet et barreau
Datte: 19/06/2024, Catégories: fh, Auteur: Claude Pessac, Source: Revebebe
... devant les caméras, annonçant que dans cette affaire, la défense n’avait pas d’autre choix, vu la lourdeur du dossier, qu’appeler à la rescousse comme témoins de moralité au moins un, voire deux milliardaires américains du Gaffa, les ex-patrons de son client. Allégations fantaisistes que Me Paixcœur avait réfutées sèchement, arguant que la défense n’avait pas besoin de soutiens étrangers et tapageurs :« La Cour n’est pas un cirque. Nous recherchons la vérité, pas le bling-bling. Et nous avons largement de quoi étayer nos théories avec tous les errements et erreurs du dossier d’instruction ». Le dossier est en effet entaché de plusieurs vices de forme, bien suffisants pour aller en Cassation si nécessaire, voire obtenir dès à présent l’annulation pure et simple de toute l’instruction. Mais ce n’est pas là ce que recherche l’avocate ; son client encore moins, elle le sait, lui qui a besoin au-delà de tout, de comprendre enfin ce qui lui est reproché. Dans l’impossibilité de communiquer avec son client muet et totalement apathique, l’avocate a été contrainte de mener une enquête serrée avec l’aide efficace de son jeune confrère Maître Benayïm, l’avocat commis d’office au début de l’affaire. Une enquête qui a fait apparaître suffisamment de faits troublants pour que ce procès connaisse des rebondissements spectaculaires. À commencer par la reconstitution, bâclée, effectuée en octobre, soit quatre mois après les faits. Altmann, pas encore totalement remis des blessures ...
... de son accident, n’avait pu qu’assister en retrait à la scène. De toute façon, vu son amnésie et son mutisme, il ne pouvait bien évidemment ni confirmer ni infirmer les instructions circonstanciées que donnait la victime pour diriger le couple de gendarmes réquisitionné pour tenir les rôles des protagonistes. Si l’avocate, pas plus que son confrère, n’avait alors émis la moindre remarque, Tamara avait pris de nombreuses notes. Après cette confrontation, sur le chemin du retour vers l’étude de son confrère colmarien, l’avocate avait voulu faire un détour par une jardinerie. Par chance, elle avait déniché exactement la même chaise longue en bois avec repose-pieds que celle de la victime. La Chilienne avait été installée dans le bureau d’Amir Benayïm qui avait bien compris que sa consœur souhaitait rejouer la scène avec le plus de précision possible. Une initiative qui était loin de lui déplaire évidemment ! oooOOOooo Lorsqu’elle l’avait contacté par téléphone, le jeune avocat colmarien avait immédiatement été séduit par les intonations graves et voluptueuses de sa consœur. Ravi aussi quand ils étaient passés à des appels visio : il était tombé sous le charme de cette superbe méditerranéenne aux grands yeux outremer. D’appel en appel, leurs conversations, très professionnelles, s’étaient régulièrement achevées sur un ton plus badin et personnel. Et même plus, puisqu’affinité il y avait… Lorsqu’un soir, la veille de sa venue à Colmar en fait, Tamara lui était apparue à ...