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Entre parquet et barreau
Datte: 19/06/2024, Catégories: fh, Auteur: Claude Pessac, Source: Revebebe
Résumé de l’épisode précédent : La rencontre entre Julien et Marie a été accidentelle, dans tous les sens du terme. Le début d’une belle idylle comme l’espère Julien ? Onze mois plus tard… Maître Paixcœur ne boude pas son plaisir. Cette deuxième journée d’audience a commencé de la meilleure façon qui soit ! Déjà, en voyant arriver à la barre la plaignante en petite robe fleurie, courte et passablement sexy, un peu trop maquillée, permanentée de frais, pimpante et parée de bijoux, l’avocate avait souri : une victime ne doit pas aguicher les jurés, mais les apitoyer en revêtant des tenues sobres, voire tristounettes. Détail, sans doute, que cette tenue inappropriée… mais aux Assises, tous les détails comptent. Puis, que la plaignante s’effondre dès le début de son audition aura été, paradoxalement, une très bonne chose pour la défense. Vrai malaise vagal d’une victime fragile et traumatisée ? La chute un peu trop théâtrale de la bimbo a fait grimacer la majorité des jurés et du tribunal. Les deux jurées à être tombées dans le panneau de cette comédie ont été ralliées par la moue agacée du président Charton qui a sèchement reporté la suite des débats à l’après-midi après avoir appelé à lui les diverses parties et vertement tancé l’avocat de la plaignante. Que le Président Charton soit agacé par ce cinéma qui retarde les débats est une excellente chose pour la défense… La veille, l’atmosphère avait été bien différente. À l’installation du Tribunal, la composition ...
... du jury ne s’était pas révélée favorable pour l’accusé : un jury presque totalement féminin à l’exception d’un vieux médecin obstétricien, ce n’est certes pas la configuration idéale dans une affaire de viol présumé. Présumé car la plainte de la victime n’avait été déposée que trois jours après les faits et le viol n’avait donc pas pu être médicalement attesté. Maître Tamara Paixcœur n’avait cependant pas tenté d’en contester la réalité en ergotant sur ce délai, sachant pertinemment ce qu’il en coûte pour une femme d’aller déclarer ce genre de faits aux autorités. La situation s’était aggravée lorsque le Président du Tribunal avait enjoint l’accusé à décliner son identité. L’homme s’était bien levé mais n’avait pas prononcé le moindre mot. C’est Tamara qui avait pris la parole : — Monsieur le Président, Messieurs les Juges, Mesdames et Messieurs du jury, suite au très grave accident de circulation dont il a été victime quelques instants à peine après les faits qui lui sont reprochés, mon client n’est pas en mesure de répondre par lui-même. Depuis son réveil après 23 jours de coma, mon client n’a pas prononcé un seul mot. Pas un mot, pas un cri depuis onze mois. En outre, s’il est conscient de sa situation présente, il a totalement perdu la mémoire dans cet accident et ne pourra en aucune façon, même par gestes, expliquer, confirmer ou infirmer quoi que ce soit, bref répondre à aucune question. L’avocat de la victime s’était alors levé, vraisemblablement pour dénoncer ...