1. Bunker


    Datte: 06/06/2024, Catégories: fh, hagé, Auteur: Iovan, Source: Revebebe

    ... tranquillité tiède d’un bonheur à deux balles.
    
    J’étais debout près de la cheminée, tisonnant le feu.
    
    Elle était assise dans le sofa. Qu’est-ce que ces quelques paroles anodines, un peu cons, avaient pu éveiller en elle… ? Elle me regarda longuement, de son beau regard bleu, sans rien dire, se leva, vint à moi, puis doucement, me laissant étonné, elle mit ses bras autour de moi, posa sa tête contre ma poitrine. Elle s’y serra… longtemps… Je l’entourais de mes bras, perplexe, effleurant de mes lèvres sa chevelure, m’efforçant d’y mettre une grande douceur. Sans même y penser, j’entamai un imperceptible mouvement lent et calme, la berçant doucement. Elle faisait effort pour respirer calmement. J’essayai de réfléchir à une stratégie… et décidai qu’il n’y en aurait pas : je voulais qu’elle continue à lâcher prise, je devais pour cela être le premier à le faire. Nous étions tous deux, chacun, dans une attente de l’autre…
    
    Caressant ses épaules et son dos, les effleurant à peine, je continuais à embrasser légèrement ses cheveux, cela dura longtemps… Sa respiration s’alentissait. Aucun de nous deux ne parlait.
    
    Nous étions sur « pause ». Un temps blanc… vide… rien… si ce n’était la crainte de faire ce qu’il ne fallait pas faire, de dire ce qu’il ne fallait pas dire… Elle ...
    ... leva vers moi, le bleu de son regard. Il y brillait des larmes qui ne monteraient pas.
    
    Sans brusquerie… Tenter… J’effleurai doucement sa bouche, aux lèvres sèches et fermées. Face à face, l’un contre l’autre…
    
    Cela commença par nos souffles.
    
    Chaud, suave… un mouvement lent et profond encore en devenir, qui se faisait presque une promesse, montait. Son souffle sur ma bouche qu’elle ne faisait plus effort pour maîtriser s’était alenti et je le sentais régulier, apaisé. Je la laissai venir… désir fou, désir flou, encore trop loin. Ne rien faire. Ne rien dire.
    
    J’inspirais son haleine, je la buvais… doucement, elle approchait. Il vint un moment où, sans que nous n’y prenions garde, nos respirations s’accordèrent. Je la respirais, elle me respirait… Un accord, une harmonie montait de nous, en nous, que je sentais une autre rencontre.
    
    Je la sentis se lâcher sous ma main, monter, encore… monter… quelque chose en elle voulait… Elle avait levé la tête, consciemment ou non, ses lèvres d’où s’envolait son haleine touchaient presque les miennes. Elle m’appelait… ?
    
    J’effleurai sa bouche de la mienne, essayant de rendre ce qui était à peine un baiser le plus doux possible… Il me fallait ne pas vouloir conquérir.
    
    Il se passa alors quelque chose que je n’ai jamais retrouvé. 
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