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Bunker
Datte: 06/06/2024, Catégories: fh, hagé, Auteur: Iovan, Source: Revebebe
... pas lui en promettre ! Fix tournait autour de la table, dans l’attente de pouvoir rafler quelque miette tombée. Je pris l’assiette encore à moitié pleine et la posai à terre, le temps de me redresser elle était pratiquement nettoyée. Elle regardait son chien avec un sourire attendri. — Tu l’aimes, hein ? — Ouais… ! Ouais, c’est mon copain. Elle planta ses yeux dans les miens… Elle savait que je savais… Son beau regard me demandant si j’avais quoi que ce soit à y redire. — Allez, on va mettre bébé au lit ? Comment tu te sens ? — Ça va ! Je commence à avoir mal au ventre, et dans les jambes. Mais ça, je sais ce que c’est… Je l’accompagnai à sa chambre. — Mets-toi au lit, je redescends. Je reviens tout à l’heure te border et te raconter une belle histoire… Si tu es sage ! J’allai chercher le flacon de méthadone, versai les gouttes dans un verre et le lui tendis. — Tiens ! Bois ! — Qu’est-ce que c’est ? M’essayant à la diction traînante du truculent Jean Carmé. — Un verre eud’ pisse ! Elle éclata de rire… Elle aussi, elle était fine. — Méthadone. Il n’y a que moi qui y touche. C’est clair ? — Oui, papa ! — C’est ça, fais ta maline… ! J’ai une fille qui a presque ton âge. Ça me plaisait : dans son rapport à l’autre, elle avait quitté l’immédiateté du face-à-face, et se montrait capable de décalage et de retour sur elle-même. — Et, dans l’histoire, je ne sais toujours pas ton nom… — Annabelle… Toi, je sais… je l’ai vu sur le ...
... mot, que ta copine a laissé sur l’ardoise, dans la cuisine. — Ah ! … Oui, c’est un souvenir qui commence à dater. J’aurais dû l’effacer depuis longtemps… Et déconnant pour cacher ma gêne, je fredonnai : « Car je suis un…sentimental… » Elle sourit. — Annabelle ! C’est très joli ! J’aime beaucoup… Et je trouve que ça te va bien. Allez, Annabelle, buona notte ! Je posai un baiser sur son front. Elle caressa mon bras, alors que je me levai. Fix, couché sur la descente de lit, me suivit du regard, alors que je sortai. Je refermai la porte. Quelques jours passèrent, nous étions parvenus à mettre en place un modus vivendi et les choses se passaient à peu près bien. Elle se remettait de jour en jour, ne toussait presque plus. Son visage était reposé et avait perdu cette expression tendue et angoissée qui la défigurait. Elle commençait à récupérer la jolie petite gueule qui devait être la sienne. Le gros souci était son problème de manque qui la faisait énormément souffrir, tant physiquement que moralement. Je sentais parfois chez elle une agressivité qu’elle arrivait la plupart du temps à maîtriser et à masquer, mais je la sentais à fleur de peau. Elle était parfois saisie de crises d’angoisse qui la faisaient pleurer, et je savais alors que je ne pouvais rien faire pour l’apaiser. Après deux ou trois tentatives pour essayer de l’aider à se calmer, je vis que la meilleure chose à faire était de la laisser seule. Physiquement aussi je voyais qu’elle prenait cher, se ...