1. Tout est bien qui...


    Datte: 24/05/2024, Catégories: fh, couple, amour, pénétratio, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe

    ... c’est Pascal.
    — Oui, mais les convenances…
    — C’est ça, et puis on va se cacher pour faire l’amour ? Mais de qui ? Il n’y a que nous ici. Tu crois qu’avec Jérôme on passe notre temps à enfiler des perles ? Il faut être honnête. Nous sommes adultes, vaccinés, je prends la pilule et j’aime faire l’amour avec cet homme.
    — Bon, bon, bon. Ne monte pas sur tes grands chevaux. Tu es bien comme ton père. J’essaierai de lui expliquer. Mais Pascal…
    — Pascal a l’habitude. Il est grand lui aussi. Quand Jérôme vient chez moi, il ne dort pas sur le canapé. Il faut vivre avec ton temps, maman.
    — Oui, tu as sûrement raison… En tous cas, vous avez rudement de la chance, vous les jeunes.
    
    Jérôme comprend que Viviane a préparé les trois chambres disponibles pour respecter les convenances, leur couple n’étant pas marié. Convenances imbéciles puisque Sandra est divorcée, donc déjà excommuniée de fait et impossible à remarier à l’église. Mais en Bretagne profonde, la foi chrétienne a encore toute sa vigueur et ses contraintes. Les « vacances » s’annoncent… rock’n’roll ! Voire fest-noz ! Confirmation avec l’arrivée du père, un grand blond roux baraqué, fermé à double tour.
    
    — Papa, je te présente Jérôme, mon ami.
    — Ah, c’est vous ?
    — Bonsoir Monsieur, ravi de faire votre connaissance et merci de m’accueillir chez vous.
    
    Pour toute réponse, il tourne le dos, se lave les mains dans l’évier et s’assoit au bout de la table. Il sort son couteau pliant, trace une croix sous la grosse miche ...
    ... de pain et en coupe une grosse tranche à chacun. Rituel suivi du bénédicité. Le plat de charcuteries « maison » circule puis on n’entend plus que les bruits de mastication. Jérôme n’a jamais vécu tel repas, même Pascal pourtant d’un ordinaire disert respecte le silence, et il sent à ses côtés Sandra crispée et attentive, prête à lui filer un coup de coude dans les côtes. Il ne moufte pas. Le seul intermède sonore, c’est quand le père ouvre une bouteille sans marque avec un grand bruit et annonce :
    
    — Ici, c’est du cidre ou de l’eau. C’est comme ça !
    
    Jérôme tend son verre qui est rempli à ras bord. Il ose un « délicieux ! », mais aussitôt Sandra lui pose une main sur la cuisse. Rôti froid et salade, fromage sans nom et fruits. La maman apporte une grande cafetière et une boîte de sucre et sert à même les verres en Duralex. Chacun touille avec le manche de sa fourchette, puis le maître des lieux essuie son couteau dans un bout de pain qu’il avale, le replie et sort. Devant l’air étonné de Jérôme, Pascal avec sa main en cornet lui chuchote :
    
    — Il va pisser.
    — Pascal, rectifie sa mère !
    — Quoi ? C’est vrai, non ?
    — Peut-être mais tu pourrais dire autrement.
    — Si tu veux… Mais il t’a à la bonne, il a rempli ton verre de cidre, poursuit le gamin.
    — Pascal, on se passera de tes commentaires.
    
    Le père rentre, lance un « bonne nuit tout le monde » et monte l’escalier.
    
    — Faut comprendre, excuse la maman, il se lève à cinq heures et demie pour les vaches. Et avec cette ...
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