1. « Matrone et Domina : Tullia, une patricienne hypersexuelle dans la Rome impériale » (6) : le banquet


    Datte: 10/05/2024, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: Olga T, Source: Hds

    ... soient honorées par mes invités, en présence de leurs époux. Ce soir Tullia est seule et je la pense capable de satisfaire autant de mâles. Je ne l’aiderai pas, même si j’en ai toujours envie. Je ne veux rien perdre du spectacle et Mnester s’occupera de moi ensuite. Je charge mon cher Parsam de prendre soin d’elle en attendant le grand moment. Place au diner, aux musiciens et aux danseuses. Puis ce sera ton tour, Tullia.
    
    Parsam est heureux de passer le banquet aux côtés de Tullia. En lui accordant cela, Messaline, dont l’instinct devinait les sentiments de l’eunuque pour la Patricienne, veut aussi le punir, en le contraignant à être le témoin de la soirée, à voir tous ces hommes posséder celle qu’il aime.
    
    ***
    
    En prenant place sur le lit, avec Parsam à ses côtés, Tullia commence par bien observer Messaline.
    
    Ce qui la frappe est que Messaline est loin d’être une beauté. Son visage exprime une rondeur juvénile mais il n’est pas gracieux, elle a un menton en galoche, une puissante mâchoire qu’alourdit un double menton naissant, un cou épais, une petite bouche aux lèvres pincées, un long nez à la Cléopâtre. Tullia et Messaline sont suffisamment proches l’une de l’autre pour que leur regard se croisent. Le regard de Messaline exprime autant la volupté que la cruauté. Son sourire ironique semble sceller le destin de Tullia, d’autant que celle-ci se refuse à baisser les yeux.
    
    Le visage de Messaline est plein de morgue et de froideur. Derrière ce masque, comment ...
    ... dénoter autre chose que le tempérament de calculatrice d’une femme qui utilise son corps au service d’une quête effrénée de richesses et de pouvoir? Et dans cette dureté des traits, comment ne pas discerner la férocité qui guide ses actes ?
    
    Tullia a vu dans les yeux et sur le visage de Messaline qui elle est et les sentiments de haine qu’elle lui porte. Elle doit cependant reconnaitre que le corps de l’impératrice exprime la volupté qui gouverne sa conduite. Sur ce point et seulement sur celui-là, les deux femmes se retrouvent.
    
    Parsam intervient :
    
    • Je t’en prie, ne la provoque pas. Elle est dangereuse
    
    • « Ingis intus urit » (« le feu brûle à l’intérieur ») lui répond Tullia, qui traduit ce qu’elle a ressenti dans l’âme noire de l’impératrice. La jeune patricienne se résigne à regret à abandonner son duel à distance avec Messaline
    
    ***
    
    Les convives s'allongent sur des banquettes disposées en fer à cheval autour de la table.
    
    On mange avec les doigts, de la main droite, en limitant l'usage aux premières phalanges. Des esclaves sont là pour veiller au confort des convives et leur proposer de quoi se laver les mains. Les aliments sont prédécoupés, même quand ils sont apportés entiers devant les convives. Les restes, les déchets sont jetés au sol. Ils deviennent alors la possession des défunts dont les âmes circulent dans la maison.
    
    La soirée, avant sa partie orgiaque, est d’abord un banquet. Les banquets de Messaline étaient fastueux et, conformément à la ...
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