1. Histoire des libertines (96) Mme de Châteaubriant, maîtresse de François Ier


    Datte: 12/04/2024, Catégories: A dormir debout, Auteur: Olga T, Source: Hds

    ... contre la nouvelle favorite, et se servit de sa faveur mourante pour soutenir ses frères, le maréchal de Lautrec et le maréchal de Lescun. François Ier ne tint pas rigueur à Françoise des désastres que ces deux capitaines causèrent dans les guerres d’Italie.
    
    Supportant de moins en moins la situation, la comtesse de Châteaubriant se voit reléguée au second plan. En 1528, elle retourne en Bretagne. Pour plaire à la nouvelle favorite, le roi s’abaissa à réclamer à madame de Chateaubriant de restituer les joyaux qu'il lui avait offerts, et sur lesquels on avait gravé des devises amoureuses. La comtesse eut le temps de les faire fondre !
    
    Après sa disgrâce, la comtesse de Châteaubriant retourne auprès de son époux. Ce dernier fut nommé chevalier de l’ordre en 1531 puis gouverneur et lieutenant général pour le roi en Bretagne. En 1532, Jean de Laval préside les Etats de Bretagne ; c'est vers cette époque qu'elle revoit pour la dernière fois son ancien amant venu s'entretenir avec son époux au sujet de la Bretagne.
    
    MORT SUSPECTE ?
    
    On a accusé, sans preuves, le mari jaloux, d'avoir été violent avec sa femme et d’avoir hâté sa fin. Le retentissement de la mort de Madame de Châteaubriant fut grand. Cette dame avait été l’une des personnalités les plus brillantes de la cour de François 1er. On gardait en mémoire la beauté et l’esprit de la première grande favorite du roi François 1er. Presque aussitôt après ce décès, le bruit se répandit dans le pays qu’elle avait été ...
    ... assassinée par son mari qui avait donné ordre à ses médecins de la saigner aux quatre membres et de la laisser mourir. Quelques personnes ajoutaient que l’on voyait une large tache de sang séché sur le plancher de la chambre mortuaire.
    
    Son décès est si soudain que l’on penche pour un assassinat : son époux lui aurait fait payer son infidélité en l’empoisonnant ou en l’étranglant.
    
    Pourquoi donc l’un des plus grands seigneurs de France, couvert d’honneurs, gouverneur de Bretagne de 1531 jusqu’à son décès, aurait osé assassiner sa femme qui a largement contribué à sa réussite sociale et à l’accroissement de sa fortune ?
    
    Après sa mort, son époux lui fait construire un magnifique tombeau avec une épitaphe de Clément Marot, dont la comtesse était l'ancienne protectrice durant sa faveur royale. Lorsque son mari mourra, il refusera néanmoins de se faire inhumer auprès de sa femme.
    
    UNE ERUDITE ET UNE AMOUREUSE
    
    Françoise est à l'origine de la première traduction en français de l'une des Vies parallèles de Plutarque. En 1519, la première édition du texte grec parut en France ; elle requiert alors la traduction de la partie concernant la vie d'Antoine, l’amant de la reine Cléopâtre.
    
    Elle laissa une image de femme amoureuse et désintéressée ce qui ne fut pas le cas de sa remplaçante dans le lit du roi, la duchesse d’Etampes. Dans sa correspondance avec François Ier, on peut lire : « Qu’il te plaise de garder mon honneur car je te donne mon amour et mon cœur. »
    
    REFERENCES ...