1. Le temps n'éffacera rien


    Datte: 09/04/2024, Catégories: confession, lettres, rupture, Auteur: Sphynx, Source: Revebebe

    ... cela les faisait glousser.
    
    Le téléphone, là, tu me surprends, n’ayant jamais eu le sentiment d’avoir voulu cacher quoi que ce soit.
    
    S’il m’est arrivé de m’écarter, cela tient probablement d’un réflexe d’éloignement de la télé, à la fois pour mieux entendre et parler doucement pour ne pas te gêner.
    
    Tu m’accuses de pratiques monstrueuses, scandaleuses, qui dépassent mon entendement. Pour justifier cela, tu me reproches mon attitude au lit, mais tout comme toi, enfant, j’ai été éduquée à ne jamais extérioriser.
    
    C’est vrai, je n’ai pas de forts besoins charnels, mais quand tu me possédais, j’aurais dû exprimer ouvertement ce que je ressentais réellement… hurler, te mordre, te griffer.
    
    Parce que j’ai trop de retenue, je deviendrais un monstre assoiffé de luxure et de stupre, incapable de refréner ses pulsions malsaines… Comment dis-tu, soumise ?
    
    Tu voyais le port du slip comme une protection, mais non, il faut toujours rester décent quoi qu’il puisse arriver la nuit, reflet de l’éducation reçue.
    
    Jamais tu n’aurais accepté que je puisse, quelles qu’en soient les raisons, travailler dans un endroit pareil et je ne pouvais laisser mon amie dans sa situation perdre son emploi. Voilà ma faute.
    
    Les amis bien intentionnés à l’origine de ce désastre font état du tatouage qui, tu le sais bien, n’en est pas un, mais un impétigo maquillé et que n’importe qui peut voir quand j’ai une robe à bretelle, ce qui arrive très souvent.
    
    Sac à foutre, me vois-tu réellement ...
    ... ainsi ? Je t’ai définitivement perdu et, toute ma vie, c’est la flétrissure que je garderai au cœur et suis au désespoir de savoir que c’est ainsi que tu me perçois.
    
    Nous allons probablement mourir loin l’un de l’autre. On nous a volé nos raisons de vivre.
    
    Ce, on nous a détruits sciemment méthodiquement.
    
    J’ai beau réfléchir, je ne vois pas qui sont ces gens (il n’est pas question de dire amis), que cherchaient-ils ? Quelle vengeance à assouvir pouvaient-ils avoir, ce ne pouvait quand même pas être gratuit ?
    
    Où peux-tu bien te trouver aujourd’hui ? Parfois, la nuit, il me vient des visions terribles. Tu as mis fin à tes jours de la pire des façons que tu as décrites. En faisant en sorte que l’on ne puisse te trouver.
    
    Ton corps gît au fond d’un plan d’eau dans la vase avec des détritus autour et sur toi. C’est une douleur insupportable que de ne rien savoir. Comme toi tu m’imaginais faussement dans les situations les plus dégradantes.
    
    Qu’avons-nous fait pour mériter ça ? Nous étions heureux, ne demandant rien à quiconque. Je n’ai abandonné personne pour toi ni toi pour moi… Alors ???
    
    En y pensant et en suivant à la lettre ce que tu m’as écrit, peut-être t’ont-ils menti par omission, car, enfin, les jeux dont ils t’ont fait la description existent certainement, et s’ils t’ont dit m’avoir vu au club, c’est vrai aussi, mais c’est au vestiaire. Pour ce qui est du « bien accompagnée », à moins qu’ils ne soient passés devant l’établissement au moment où arrivait le ...