1. Le temps n'éffacera rien


    Datte: 09/04/2024, Catégories: confession, lettres, rupture, Auteur: Sphynx, Source: Revebebe

    Après le choc de notre séparation et des semaines à errer, la cure de repos sous sédatif me ramène peu à peu à la réalité.
    
    J’ai cru devenir folle et parfois regrette que ce ne soit pas le cas, mais j’ai pris une décision.
    
    Tu m’as écrit en me quittant, aussi vais-je faire pareil et te répondre, sauf que tu ne verras probablement jamais cette lettre, cela ne fait rien, il faut que je le fasse.
    
    Voici ce qui s’est passé ce jour funeste :
    
    Je rentre à la maison, il est sept heures du matin, le service finissant à six heures, il m’est impossible d’arriver plus tôt, fatiguée par une longue nuit à rester debout, mon lit me tend les bras. Vite, à la cuisine, un verre d’eau et dodo.
    
    Il va être midi lorsqu’un soleil éclaboussant la chambre me tire du sommeil. Un coup d’œil sur mon portable ne m’indique pas d’appel, je suis surprise, quand mon chéri est en déplacement il ne manque jamais de me laisser un ou plusieurs messages.
    
    En arrivant dans le salon, je vois une lettre ouverte sur la table. En la lisant, mon cœur s’arrête, le sol se dérobe sous moi. C’est une suite d’accusations mensongères d’une horreur absolue. Combien de temps suis-je restée ainsi tétanisée et prostrée… Des heures, certainement, mon esprit ne fonctionne plus.
    
    Enfin progressivement me vient cette réalité : tu m’as quittée, jamais plus tu ne seras dans mes bras ni moi dans les tiens.
    
    Tu t’en es allé, emportant une certitude : laisser derrière toi la femme immonde qui t’a trahi, menti, ...
    ... déshonoré.
    
    C’est quoi ce livre abject dont tu parles et cette femme sans retenue aucune qui expose ses dérives sexuelles comme un épicier son inventaire ?
    
    Oui, je suis allée hier dans ce club libertin, c’est aussi la troisième fois que je vais y remplacer mon amie Christelle les soirs où elle reste à l’hôpital au chevet de sa fille qui y subit un lourd traitement, le père de son enfant les ayant abandonnés.
    
    Son patron est très compréhensif (elle y tient le vestiaire… Du moment où une femme jeune, jolie, souriante et sexy peut la remplacer, elle garde son travail). En général, il se trouve toujours parmi nos amies quelqu’un pour le faire, sauf les trois fois où je suis intervenue, évidemment uniquement si tu étais en déplacement.
    
    Tu m’as vu entrer à vingt et une heures, le club n’ouvre qu’à vingt-deux heures, et si j’étais accompagnée, c’était avec les collègues de Christelle, les barmans, DJ et videurs. Je ne serai jamais entrée seule dans cet endroit.
    
    Je ne vois pas qui a bien pu me reconnaître. N’ayant pour ma part rencontré aucune connaissance. Il y avait probablement dans notre entourage des amis qui nous voulaient du bien… Comment ont-ils pu faire une telle ignominie ? J’aimerais leur arracher les yeux.
    
    Mais si, comme je l’espère, un jour tu vois ma réponse, toi tu sais de qui il s’agit !
    
    Il est évident que mes amies savaient, étant elles-mêmes mises à contribution quand il le fallait pour y tenir le vestiaire. Tu peux comprendre que, partageant ces secrets, ...
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