-
Les fantasmes de Lucie (1)
Datte: 18/03/2024, Catégories: En solitaire, Auteur: Exorium, Source: Hds
... livreurs et autres professionnels de toute sorte avec lesquels je suis régulièrement en contact. On voit que je ne manque pas de matière. Le deuxième filon, dans lequel je puise abondamment, ce sont mes lectures. Il surgit parfois quelque chose d’inattendu, au détour d’une page, que j’éprouve l’impérieux besoin de m’approprier. De toute urgence. Et puis il y a l’Histoire. Dont j’ai toujours été férue. L’Histoire qui m’ouvre tant de portes. Il y a tant d’événements auxquels je peux participer. De personnages auxquels je peux m’identifier. D’époques au cœur desquelles je peux me projeter. La Rome antique, l’Inquisition, la Révolution française sont, pour des raisons que l’on comprendra aisément, mes périodes de prédilection. Auxquelles je ne cesse de revenir encore et encore. Bon, mais il est temps d’entrer dans le vif du sujet. * * * J’ai un voisin beau comme un dieu, mais alors là beau que c’est même pas croyable d’être beau comme ça. Du coup, c’est souvent, quand il est dans son jardin, que je me trouve, comme par hasard, dans le mien. On échange quelques mots par-dessus la haie. Des banalités. Sur le temps qu’il fait. Sur mes rhododendrons. Sur ses hortensias. Ça ne dure jamais bien longtemps. Il s’excuse. Il a à faire. Et il me plante là. Je ne compte pas pour lui. Je ne l’intéresse pas vraiment. Mais moi, je l’emporte avec moi. J’emporte son sourire. J’emporte le grain de sa voix. J’emporte le velouté de son regard. Dans ma chambre. Je m’allonge et je ...
... ferme les yeux. Je me transporte chez lui. Dans sa maison. J’en explore chaque pièce avec curiosité. J’ouvre ses tiroirs. Je visite ses placards. J’entre dans sa vie. Je m’en empare. Avec volupté. Avec délectation. Je contemple longuement son lit. C’est là qu’il dort. C’est là que peut-être – sûrement – il se donne du plaisir. Souvent ? Sans doute. C’est un homme et les hommes… Je m’agenouille. J’enfouis ma tête dans son oreiller. Il est plein de senteurs. Son parfum. Son odeur. Enivrants. J’hésite un peu. Et puis je me déshabille. Résolument. Complètement. Je m’enfouis entre ses draps. Je me pénètre de lui. Mes doigts m’effleurent, insistent. – Non, mais faut pas se gêner ! Je sursaute. Tout occupée de lui, je ne l’ai pas entendu arriver. Je m’affole. – Excusez-moi ! Je suis désolée… Je…– On peut savoir ce que vous faites là ? – Mais rien ! Rien du tout. D’ailleurs, je m’en vais. Et je m’extirpe tant bien que mal de son lit. – Vous vous en allez ! Ben, voyons ! Il se repaît tranquillement, tout à loisir, de ma nudité. Je me précipite en toute hâte sur mes vêtements. Je veux me rhabiller. Je… Il m’arrête. – Pas si vite ! Parce que d’abord on a un petit compte à régler tous les deux. Je feins l’étonnement. – Un petit compte ? Comment ça, un petit compte ? – Non, mais attendez ! Vous vous introduisez chez les gens. Il y a violation de domicile. Vous vous installez dans leur lit. Et vous espérez que je vais vous laisser repartir comme ça ? ...