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Route 40
Datte: 16/03/2024, Catégories: hagé, voyage, amour, nostalgie, portrait, regrets, Auteur: mysterebinr, Source: Revebebe
... C’est très charitable de votre part, déclare Wolfgang, légèrement surpris que des couples de femmes vivent dans une des régions reculées d’un pays plus réputé pour son machisme que pour sa défense des droits des LGBT. @===========@ Mathilda est une jeune femme brune de vingt-neuf ans. Dotée d’yeux pétillants aux reflets brun et vert, elle possède de jolies formes aux courbes voluptueuses sur lesquelles Serge ne peut empêcher son regard de trébucher. C’est lors de telles rencontres que le vieux séducteur regrette ces décennies superflues qui ont transformé le fougueux amant en un homme épris de nostalgie à l’esprit bien trop souvent aigri. Wolfgang n’est point forgé dans cette trempe. Il a su, tout au long de son existence, ne garder que le meilleur de chaque période pour ne pas nourrir des regrets inutiles, et dans la petite maison où vient de les convier Talia, la Française du bout du monde, ce n’est point Mathilda qui stimule ses sens, mais bien Felicita – sa mère –, une femme sans fard à l’allure fière qui a traversé tant d’épreuves qu’elle remercie chaque jour Dieu de lui offrir le gîte et le couvert et de lui permettre de vivre aux côtés de sa fille unique. L’intérêt que lui porte Wolfgang ne déplaît nullement à la sexagénaire qui n’a pas eu l’occasion de vibrer entre les bras d’un homme depuis le décès d’Enrico, son dernier compagnon. Felicita le regrette d’autant que le fougueux Enrico ne laissait jamais passer deux nuits sans honorer sa belle et la ...
... faire gémir d’un plaisir certes sauvage, mais tellement bienfaisant. Alors que Wolfgang ne se pose pas de question, prenant le moment qui lui a permis de croiser Felicita comme un bienfait de la providence, Serge s’interroge. Il ne comprend pas pourquoi cette Talia, dont le physique est, il est vrai, empreint de traits masculins, est venue s’enterrer dans ce trou loin de tout pour partager la vie d’une trentenaire et de sa mère. En bon esprit cartésien, Serge a le sens logique de ceux qui ont, par leur mérite, su gravir les échelons de la réussite sociale, et il a parfois bien du mal à saisir les effets d’une rencontre sur le déroulé d’une existence a priori toute tracée. Talia est une femme de tête. Il ne fait aucun doute qu’elle dirige sa maisonnée avec fermeté. Et Serge devine aisément à quel point sa compagne Mathilda l’admire et lui est attachée. Pendant que cette dernière s’affaire en cuisine pour préparer un complément de repas afin de pouvoir nourrir dignement les deux invités inattendus, Wolfgang a suivi Felicita qui l’a convié à l’extérieur pour lui montrer son jardin qu’elle entretient avec passion. Au prix d’un louable effort, le français parvient à rassembler des bribes de souvenirs de ses cours d’espagnol de lycée pour échanger quelques mots avec la sensuelle Argentine. Il apprécie ce moment impromptu partagé et se rapproche imperceptiblement de la femme jusqu’à la toucher. Une décharge électrique traverse le corps de Wolfgang au contact de la peau ...