1. Général Dumaton


    Datte: 14/03/2024, Catégories: fh, nonéro, historique, historiqu, Auteur: Patrik, Source: Revebebe

    ... n’ont pas fricoté avec elle que l’inverse. Ose me dire le contraire !
    
    Grimaçant, le Maréchal se tait. Il sait que j’ai raison. Je continue sur ma lancée :
    
    — Bien que Dumaton te soit fidèle comme un bon toutou, je ne suis pas certain que, sur ce coup-là, il obéira.
    — Je suis son supérieur !
    — Il s’est enrôlé vers quatorze ans, il me semble, il a dépassé les vingt ans de service. Voire les trente, si je ne me trompe pas.
    — Et alors ?
    
    Je balance l’évidente vérité :
    
    — Eh bien, il est parfaitement libre de démissionner de ses fonctions.
    — Je le lui interdirai !
    — Un homme qui démissionne n’a plus à rendre de compte envers son supérieur, si haut placé soit-il, Léonard. L’armée possède ses propres règles, et ce, depuis des siècles.
    — Il pliera !
    — Ah oui ? Quelle géniale propagande ! Servez-moi aveuglément et je vous récompenserai en brisant votre couple, de plus, l’un des rares qui fonctionnent !
    
    Je me tourne alors vers l’un des hommes présents :
    
    — Toi, Jean-Denis, tu épouserais Catherine de gaîté de cœur ?
    — Ben…
    — Et toi, Émilien ?
    — Euh… pas trop…
    — Et toi, Amédée-David ?
    — Oh moi, ça m’dérangerait pas.
    
    Entendant cette réponse, le Maréchal sourit :
    
    — Tu vois, Maximilien !
    
    L’homme poursuit :
    
    — Oui, ça m’dérangerait pas. Ma femme fera ce qu’elle voudra dans son coin, et moi c’que je voudrai dans le mien. Parce que, votre cousine, j’suis pas à la hauteur !
    — C’est-à-dire !?
    — Ben oui, Maréchal, faut être réaliste : vot’ cousine, c’est ...
    ... pas un homme qu’il lui faut comme époux, mais carrément tout un régiment ! Mais si j’l’épouse, j’mets un pied dans vot’ famille…
    
    Les autres personnes présentes étouffent mal une certaine envie de rire ou de sourire. Moi-même, j’ai failli rire de bon cœur. Voyant que ça risque de dégénérer, j’interviens :
    
    — Arrête de devenir tout rouge, Léonard, tu vas finir par nous faire une crise d’apoplexie ! Je reconnais que Amédée-David n’a pas la conversation policée des salons de la Capitale, mais il a fort bien résumé la chose à sa façon.
    — Comment !? Tu oses insinuer que…
    
    Tel que je l’ai souvent fait avec lui, je tapote sur l’épaule de mon ami d’enfance, je soupire :
    
    — Je n’insinue rien, Léonard, je dis la vérité, et lui aussi. Maintenant, si tu t’amuses à mettre aux arrêts la moindre personne pour ce genre de motif, je peux t’assurer que ça va jaser sur tout le continent et ailleurs. Même ta propre famille sera de la partie…
    — Bah ! Ma famille est jalouse !
    — De qui ? De toi ? De ta cousine ?
    
    Léonard continue sur sa lancée :
    
    — Pff, ils pensent être sortis de la cuisse de Jupiter… Ils oublient trop souvent que c’est grâce à moi qu’ils en sont tous arrivés là.
    — Ton frère aîné, surtout…
    
    Agitant fébrilement les bras, le Maréchal lève les yeux au ciel :
    
    — Ah lui ! C’est tout juste s’il ne me demande pas de lui céder ma place !
    — Pour être précis, il l’a déjà clamé bien des fois, mais pas en face de toi…
    
    Léonard affiche un visage incrédule :
    
    — Comment ça ...
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