1. 0307 Si la vie était un long fleuve tranquille...


    Datte: 04/02/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... jusqu’à me faire venir. Ce qui, vu mon étant d’excitation, ne prend pas beaucoup de temps.
    
    « Merci, c’était très sympa, il me lance, avant de quitter la cabine.
    
    Inutile d’essayer de le retenir, je sais que je ne le reverrai pas. Et c’est mieux ainsi. Je ne veux pas d’histoire, je ne veux pas m’attacher. Mon excitation est retombée et je culpabilise déjà.
    
    J’attends quelques instants avant de quitter la cabine à mon tour, des instant pendant lesquels je repense à d’autres pipes, avec mon Jérém, dans d’autres chiottes, celles du lycée, celles de la Bodega, ainsi que la cabine des vestiaires à la piscine Nakache. Je réalise que je viens de coucher avec un autre gars pour la première fois depuis que Jérém m’a dit « je t’aime ». Ca fait déjà six mois qu’il m’a dit « je t’aime », et il ne l’a pas vraiment redit depuis.
    
    Je me sens mal. Mais j’avais trop envie. Sucer est-il vraiment tromper ? Je n’ai pas pris de grand risque. Et c’était bon. Je sors de la cabine, je me lave les mains, je me rafraîchis le visage. Je repars dans la salle et je sens une douce fatigue monter en moi, dans mon ventre cette délicieuse chaleur qui suit un bel orgasme. J’ai envie de dormir. J’ai envie de pleurer.
    
    Début juin, le championnat de rugby se termine. L’équipe de Jérém échappe de peu à la relégation en Fédérale. J’arrive à avoir mon bobrun au téléphone, je le sens pourtant déçu et fuyant. Je lui demande comment ça va se passer pour lui, s’il a été renouvelé ou pas. Il me dit qu’il ...
    ... n’est toujours pas fixé et que tout ce qui compte pour l’instant c’est de se concentrer sur les partiels à venir.
    
    Evidemment, ce n’est toujours pas le bon moment pour envisager des retrouvailles.
    
    Mes partiels se passent bien, et le 14 juin je suis en vacances. Jérém me dit que les siens se sont bien passés aussi. Mais quelque chose dans le ton de sa voix me fait sentir qu’il n’est pas vraiment dans son assiette. Il se défile en prétextant une bricole à faire chez un voisin, il me raccroche presque au nez. Je voudrais lui poser mille questions, je voudrais savoir ce qu’il fait maintenant à Paris, alors que pour l’instant il n’a plus d’entraînements ni de révisions. Mais je ne le questionne pas, je ne lui demande rien. Je sens qu’il n’a pas envie d’être questionné. Ça fait presque deux mois que je ne l’ai pas vu. C’est vendredi soir, et l’idée d’un nouveau week-end loin de lui m’est insupportable. Alors, sans plus attendre, je mets quelques affaires dans mon sac de voyage.
    
    Le lendemain, samedi, je file à la gare de Saint Jean et je prends un billet de train pour Paris.
    
    Samedi 15 juin 2002, 17 heures.
    
    Après avoir été percuté par la haute densité de bogossitude de la capitale, je me retrouve devant l’immeuble aux Buttes Chaumont. Dans quelques instants, je vais retrouver Jérém. Je cherche son nom sur les étiquettes à côté des boutons de l’interphone, mais je ne le vois pas. Bizarre. Ce n’est pas grave, je me souviens de sa position. Je sonne. Une fois, deux fois, trois ...
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