1. Putain de soirée


    Datte: 07/01/2024, Catégories: hplusag, extracon, amour, extraconj, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe

    ... avec une vie sociale riche, des amis, des partenaires de golf, un banquier aux petits soins, une belle épouse, deux beaux enfants qui poursuivaient de brillantes études universitaires, un homme important quoi, et tout et tout… et une maîtresse de quinze ans sa cadette.
    
    Il allait pouvoir s’asseoir dans ce bar toute la nuit, au moins jusqu’à tant qu’ils ferment, et commander d’autres pintes de bière.
    
    Le type qui lui tournait le dos près du comptoir le bouscula légèrement. Il tangua d’avant en arrière. Une réplique tirée d’un film lui revint à l’esprit « Comme dirait quelqu’un de plus avisé que moi : c’est toi qui cognes le bar, mais parfois, c’est le bar qui te cogne ». Il sourit intérieurement à l’évocation de cette phrase. C’était dans quel film déjà ?
    
    Le bar était bondé, s’il le désirait, il avait là suffisamment de gens à qui parler. Auprès de qui s’épancher. Il trouverait sans aucun mal une oreille attentive. Mais à quoi bon ? Ils avaient leurs propres ennuis. Ces types étaient làgrosso modo pour les mêmes raisons que lui.
    
    Il se dit qu’un jour, il écrirait un livre sur l’effondrement de la société moderne : la chute de la maison ulcère.
    
    Un jour ! Mais pas ce soir. Pas maintenant. Car ici, il y a de la bière, et peut-être devrait-il vraiment essayer de trouver une table un peu à l’écart. Assis, ça serait mieux que de rester debout devant le bar pour passer le cap des six pintes. Assis, c’est plus confortable pour se saouler la gueule.
    
    Il rigola pour ...
    ... lui-même en se disant qu’assis à une table dans la salle, il serait plus près des w.c., parce que quelques pintes plus tard, il aurait à coup sûr besoin d’aller pisser rapidement.
    
    Il pourrait aussi éviter de répandre le précieux liquide sur sa cravate à 100 dollars.
    
    Jack prit son verre et quitta le comptoir, légèrement chancelant, pour aller s’installer à une table libre dans un coin sombre de la salle. La seule table libre d’ailleurs. Compliqué quand même de quitter le havre sûr qu’était le bar, où on pouvait s’accouder, même s’accrocher, pour affronter la salle, comme un navire affronte la pleine mer par gros temps…
    
    Beverly… Tsss… sa jeune maîtresse ! Enfin, son ex-jeune maîtresse, et une des employées de sa boîte aussi, qui venait juste de mettre fin à leur liaison :
    
    — Comprends-moi, mon mari se doute de quelque chose, ça devient trop risqué, il me surveille, il épie mes faits et gestes, il est suspicieux. C’est mieux ainsi.
    
    Elle lui avait dit ça après leur dernière baise dans cette chambre d’hôtel, trois heures plus tôt.
    
    Elle avait ajouté :
    
    — Et puis je l’aime. C’est mon mari. Non, c’est vraiment mieux…
    
    Il avait quitté la chambre en claquant la porte, pendant que Beverly remettait ses bas. La surprise de cette rupture s’est très vite transformée en colère.
    
    Putain ! Un quart d’heure avant, il la prenait en levrette et elle râlait de plaisir ! Et là, elle lui faisait le coup de la femme infidèle, honteuse et repentante…
    
    Il a préféré partir avant de ...
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