1. Le voyeur


    Datte: 12/12/2023, Catégories: Entre-nous, Les femmes, Auteur: Philus, Source: Hds

    ... père Lessellier qui lui trouva une solution. Sa mère, veuve, occupait un logement dont elle était propriétaire et Lessellier en avait hérité à son décès. Il était meublé et le proposa à Juliette pour le temps qu’elle voudra. Juliette se confondit en remerciements.
    
    Lessellier emmena Juliette dans sa petite voiture jusqu’à un immeuble d’apparence vétuste, rue de Mars la tour. Ils grimpèrent un escalier ancien, bien entretenu toutefois, et s’arrêtèrent au premier étage. Deux portes donnaient sur le palier ; le curé sortit des clés de sa poche et entreprit d’ouvrir celle de droite. Il présenta rapidement l’appartement à Juliette.
    
    — Gardez-le le temps que vous voudrez, je n’en ai pas besoin pour l’instant.
    
    Juste avant de quitter Juliette, Lessellier sembla se remémorer un détail important et ajouta :
    
    — J’oubliais de vous dire, derrière le lit de la chambre, il y a un dressing auquel vous n’aurez pas accès. Depuis que ma mère est décédée, j’y ai entassé une tonne de choses et c’est devenu un vrai fatras que j’ai condamné.
    
    — Rassurez-vous, mon père, j’ai trop peu d’habits pour avoir besoin d’un dressing, répondit Juliette en souriant.
    
    — Alors bonne installation et donnez-moi de vos nouvelles.
    
    Juliette salua et remercia à nouveau le curé puis, quand elle fut seule, ferma la porte à clé. Elle prit sa valise qu’elle avait laissée dans l’entrée et retourna dans la chambre ranger ses affaires dans une armoire. Elle se tourna ensuite vers le lit dont elle savoura ...
    ... d’avance la largeur, elle qui s’était contentée d’une étroite couche pendant tant d’années. Au-dessus des oreillers, son image se reflétait dans un miroir ancien imposant doté d’une moulure tarabiscotée en plâtre doré. À droite se trouvait la porte du dressing. La chambre était agréable et claire, Juliette ne put s’empêcher de la comparer avec la cellule sombre de son couvent.
    
    Elle acheta de quoi déjeuner rapidement puis rendit visite au tuteur d’Hugo afin de régler quelques affaires. Elle retrouvait sa vie « d’avant » dont elle ne tirait que les bons souvenirs, occultant tout ce qui était arrivé entre l’accident qu’elle avait eu avec son mari et son entrée dans les ordres. Elle se sentait bien et flâna tout l’après-midi dans cette ville qu’elle avait cru avoir oubliée. Le soir, elle dîna de peu et, après quelques prières et lectures saintes, pénétra avec délice dans le grand lit. Elle s’endormit très vite, l’esprit serein.
    
    — Alors grosse pute ! Comment vas-tu t’astiquer la fente ce soir ? rugit le démon.
    
    Juliette voulut crier, mais elle ne put sortir un son.
    
    — T’as trop chaud sous cette couette ! T’as plus l’habitude depuis le temps que tu te gèles les miches au couvent ! Ha ! Ha ! Ha ! Regarde, t’as les nénés trempés, les dessous de bras et même la raie du cul ! Fais quelque chose putain ! vociféra le démon noir et rouge en s’esclaffant.
    
    Juliette s’éveilla en criant, se redressa vivement sur son lit et alluma la lampe de chevet. Elle était en sueur. Elle repoussa ...
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