-
L’auberge dans la montagne
Datte: 01/12/2023, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: Tamalou, Source: Hds
À cette époque, j’étais encore voyageur de commerce. J’avais rendez-vous le lendemain dans un patelin de montagne et, pour plus de confort, j’avais décidé de faire la première partie du voyage en train, puis de louer une voiture sur place. C’était l’été, les soirées étaient longues, et je comptais profiter de mon voyage pour faire un peu de tourisme. Mais en voulant quitter la ville, je me suis trouvé pris dans un embouteillage. J’ai trouvé malin de prendre la première rue à droite pour m’extirper de ce merdier, en espérant retrouver la route principale plus loin. À cette époque, il n’y avait pas encore les GPS ni les téléphones portables. Je ne connaissais pas bien la région, et je me suis fourvoyé. J’ai dû faire un long détour pour retrouver mon chemin. Malheureusement, plus l’après-midi avançait, plus le temps changeait. De gros nuages noirs s’amoncelaient au-dessus de ma tête, me faisant craindre le pire. La montagne était très belle, la route traversait des collines verdoyantes mais j'étais anxieux à cause du risque d’orage, et je n’osais pas m’arrêter. J’aurais dû, pourtant, ne serais-ce que pour demander mon chemin en prenant un café. C'était un soir d'été, le jour se couchait tard, mais lorsque la pluie est devenue plus forte, je n’y voyais plus grand-chose. Au niveau des carrefours, les panneaux directionnels étaient presque illisibles. J’ai dû me tromper à un moment ou à un autre, parce que je me suis retrouvé sur une petite route qui traversait les bois. ...
... Plutôt que de faire demi-tour, j’ai préféré continuer jusqu’à ce que trouve un endroit civilisé, un hôtel ou une auberge, pour passer la nuit. D’abord, un solide casse-croûte, ensuite passer une bonne nuit, et je m’inquiéterai demain matin de la meilleure façon de procéder pour retrouver mon chemin. La route se rétrécissait de plus en plus, à ce moment-là je traversais un bois assez dense, la pluie redoublait et j’ai dû allumer mes phares parce que je n’y voyais plus grand-chose. J’avais bien aperçu quelques bâtiments, quelques lumières allumées, mais je n'avais rien trouvé où loger. Le temps s’écoulait, l’orage grondait, la nuit tombait, et je commençais à avoir drôlement faim. J’avais envie de rebrousser chemin, quand j'ai vu une voiture sur le bord de la route avec ses feux de détresse qui clignotaient et son capot levé. À côté d’elle, agitant frénétiquement les bras, se trouvait une jeune femme. Je me suis arrêté à sa hauteur, j’ai ouvert la vitre côté passager, elle s’est penchée et m’a crié : « Je suis en panne » Je m’en serais douté. Je lui ai fait signe de monter dans sa voiture, et je me suis garé pour voir si je pouvais lui venir en aide. Il était évident que la voiture n'irait nulle part sans aide. Il y avait de l'huile partout et le bloc était trop chaud pour être touché. Je suis retourné près de sa fenêtre. « Vous avez besoin d'une dépanneuse » Elle hocha la tête pour montrer qu'elle avait compris. « Je dois trouver un téléphone pour appeler mon ...