1. 0319 Les voies du rugby sont impénétrables.


    Datte: 27/11/2023, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... n’aurais jamais pensé que c’était possible d’être aimé si fort. Et Nico t’a prouvé le contraire. Et il t’a montré aussi que c’était possible d’aimer un garçon, et de l’aimer d’une façon dont tu ne te serais jamais cru capable.
    
    Après avoir lu sa lettre, tu as eu envie de l’appeler sur le champ. Mais il était deux heures du mat’ et tu t’es dit que ce n’était pas une heure pour renouer le contact avec le gars que tu aimes après l’avoir rejeté si brutalement. Tu t’es dit que tu le ferais le lendemain matin. Tu t’es endormi heureux et plein d’espoir.
    
    Le lendemain matin, tu étais à la bourre et tu n’as pas pris pas le temps de le faire. Tu aurais dû. Parfois il faut prendre le temps quand on en envie, avant que la vie nous mène sur des chemins imprévus. Car ce qui allait se passer ce jour-là, allait couper tes ailes et stopper net ton élan.
    
    Mais au matin de cette journée qui allait se terminer d’une façon particulièrement pénible, tu te sens tout léger. L’envie de reprendre contact avec Nico te suit pendant tout le trajet vers le centre d’entraînement, et elle grandit en toi pendant tes exercices du matin. A midi, tu ne tiens plus en place. Tu te dis que c’est un gâchis monumental que de gaspiller tant d’amour et de bonheur. Car cet amour et ce bonheur sont trop rares et précieux pour passer à côté. Tu te dis que tu as été un vrai con de le jeter comme tu l’as fait, et que tu dois te rattraper avant que ce ne soit trop tard.
    
    Tu te dis que ce béguin que tu avais pour ...
    ... Ulysse n’était rien comparé à ce qu’il y a entre Nico et toi. Et ce n’est pas parce qu’Ulysse t’est inaccessible. Tu sais que jamais Ulysse t’écrirait une lettre comme celle que t’a écrit Nico.
    
    Pendant le match de l’après-midi, tu te demandes à quel moment de la soirée tu vas l’appeler, comment tu vas t’y prendre pour t’excuser, et pour éviter de te faire jeter. Car tu as peur de te faire jeter. En fait, tu as peur que ce soit déjà trop tard.
    
    Mais ce jour-là, en fin d’après-midi, quelque chose allait se passer à la sortie des douches, quelque chose qui contrarierait complètement tes plans.
    
    Juste avant que tu partes du centre d’entraînement, ton agent t’appelle et te demande de passer à son bureau au plus vite. D’après le ton de sa voix, tu sens qu’il se passe quelque chose de grave. Tu lui demandes ce qui se passe, mais il te dit qu’il t’en parlera de vive voix. Tu cogites. Tu t’inquiètes.
    
    — Je t’ai fait venir parce que je dois te parler d’un truc un peu délicat… il te balance direct, le regard planté sur toi.
    
    — Quel truc ? tu lâches, soudainement inquiet.
    
    — Alors voilà : hier soir j’ai reçu un coup de fil d’une amie qui travaille dans un torchon à scandales. Il s’agit du plus con et en même temps du plus vendu de tous les torchons dans son genre…
    
    — Et ?
    
    — Apparemment, l’un de leurs journalistes aurait eu vent de certains bruits qui courent sur toi.
    
    — Quels bruits ?
    
    — Il semblerait qu’il t’arrive de traîner dans des lieux un peu douteux.
    
    — Quels ...
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