1. Un goût de trahison


    Datte: 11/10/2023, Catégories: fhh, hplusag, extracon, candaul, boitenuit, jalousie, cérébral, extraconj, cocu, Auteur: morisse.pol75, Source: Revebebe

    ... est à l’étranger, c’est obligé… c’est toujours pareil… des plateformes téléphoniques, des interlocuteurs anonymes… c’est impossible, ce mec n’existe pas en vrai… Mais rien ne me consolait de mon malheur. Je passais la fin de la nuit à tourner et retourner toutes ces questions avec la découverte que certaines de mes pensées s’accompagnaient d’images qui me faisaient paradoxalement bander.
    
    Jeudi
    
    Je n’ai pas été plus brillant qu’hier matin. Les mots n’étaient pas les bons, je bafouillais. Je n’arrivais pas à me concentrer. Au moment des questions dans la salle, je répondais à côté, sans vraiment argumenter. J’étais nul. En fait, j’étais pressé d’en finir pour avoir des nouvelles de celle que je considérais désormais comme ma femme adultère… Et j’étais déjà à imaginer quoi faire pour la récupérer.
    
    Je voulais lui parler, lui dire combien je l’aimais et que je serais prêt à tout pour que nous vivions ensemble. Ce n’était pas possible… je te pardonne… mais dis-moi que tu m’aimes. Je me sentais ridicule, mais j’étais trop malheureux.
    
    Les conférences se terminent à 18 heures. J’ai fini par avoir des réservations pour un retour demain vendredi en début d’après-midi. Je ne lui ai pas laissé de nouveaux messages, convaincu qu’elle ne les écouterait pas.
    
    Je croise ...
    ... mon collègue qui est au plus bas. Je n’ose l’aborder et je comprends vite qu’il ne le souhaite pas non plus. Je me mets à sa place et j’imagine quel doit être son état d’âme après la soirée d’hier et sa confession. Je me promets de le contacter plus tard : notre réaction devant la situation illustrée par cette photo avait éveillé chez moi une sensation, un trouble étrange que je me devais de m’expliquer… ou de revivre.
    
    Je gagne ma chambre seul avec ma seule peine et mon désespoir.
    
    Il est 22 heures quand Chantal m’appelle. Je suis dans le lit à ronger mon frein, essayant de trouver un sommeil qui m’échappe. J’ai envie de ne pas répondre, habité soudain d’une colère irrépressible, mais très vite je me rends et j’attends qu’elle parle la première.
    
    — Allo ?
    
    Sa voix est faible. Elle n’est pas à l’aise. Je reste silencieux quelques secondes avant de répondre.
    
    — Oui, allo !
    
    Je m’efforce d’avoir une voix froide, détachée, mais j’ai le cœur chaviré, heureux de pouvoir enfin lui parler.
    
    — Tu vas bien ?
    — Pas vraiment non, tu dois bien savoir pourquoi. Tu m’as un peu négligé, non ?
    — Oui, pardonne-moi.
    
    Elle s’interrompt brutalement alors que des sanglots noient ses paroles. Elle pleure. Si fort qu’elle ne peut plus prononcer un seul mot.
    
    (à suivre) 
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