1. 0315 Pour faire un homme… (partie 1)


    Datte: 02/10/2023, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... contagieuse. Je suis à deux doigts de pleurer.
    
    Le lendemain matin, je prends le premier train pour Toulouse. A neuf heures trente, je débarque à la gare Matabiau. Une demi-heure plus tard, je suis à Purpan. A dix heures trente, je tiens la petite Lucie dans mes bras. Comme pour Lucas, le petit garçon de Thibault, je ne suis pas à l’aise. Je ne sais pas comment tenir ce petit être qui me paraît si fragile, j’ai trop peur de lui faire mal. Lorsqu’elle s’endort dans mes bras, je suis un peu rassuré. Ma cousine est fatiguée mais heureuse. Je suis si content pour elle. Quant à Philippe, il est dans un état second, ivre de bonheur et assommé par le manque de sommeil.
    
    Je rentre à la maison pour le déjeuner. Le sujet « accouchement » d’Elodie a mis l’ambiance à la fête. Maman est à la fois très excitée et émue. Ma visite à la maternité nous donne un sujet de conversation à table. Un sujet auquel tout le monde adhère. Y compris Papa.
    
    Pour la première fois depuis mon coming out, et peut-être même depuis bien plus longtemps que ça, il ne semble ne pas agacé par ma présence. Il a l’air plus détendu, et c’est particulièrement flagrant vis-à-vis de Maman. Les tensions entre eux semblent apaisées, et ils semblent même avoir retrouvé un peu de complicité. Ils évoquent ensemble ma naissance, les derniers jours de grossesse de Maman, l’alitement forcé, le long accouchement. Et je lis dans leur émotion, je capte dans leurs mots, le souvenir de leur bonheur de me voir venir au monde. ...
    ... Oui, mes parents semblent avoir retrouvé leur complicité d’antan. Et c’est beau à voir.
    
    Confronté à cette joie ressurgie du passé, je me surprends à me dire que c’est triste qu’un petit être qui fait la joie de ses parents à sa naissance puisse quelques années plus tard les décevoir comme je l’ai fait avec Papa. Quand je vois dans son regard, quand je ressens dans sa voix l’émotion vive à l’évocation du jour de ma naissance, je sais qu’il m’a aimé, immensément. J’ai presque envie de m’excuser de ne pas être celui qu’il avait imaginé que je deviendrais. J’ai presque envie de me lever et de le prendre dans mes bras.
    
    Mais je ne le fais pas, car ce ne sont pas de choses qui se font dans ma famille. En attendant, quelque chose se produit. Là aussi, pour la première fois depuis mon coming out, Papa me questionne sur mes études. Il s’en suit une conversation apaisée, au cours de laquelle il semble vraiment intéressé de savoir comment se déroule mon cursus, et si l’enseignement correspond à mes attentes et à mes envies. Je peux le rassurer de ce côté-là, je suis toujours aussi passionné par mes études.
    
    Nous discutons pendant une bonne partie du déjeuner, sous le regard bienveillant de Maman. J’ai l’impression que le malaise glacial qui s’était installé entre nous semble s’être évaporé. Est-ce que c’est la nouvelle de l’accouchement d’Elodie qui a provoqué ce changement ? Est-ce que la lettre que je lui ai écrite quelques semaines plus tôt a enfin produit l’effet que j’avais ...
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