1. Une simple histoire d’amour


    Datte: 20/09/2023, Catégories: fh, couple, vacances, plage, amour, dispute, confession, policier, Auteur: Patrick Paris, Source: Revebebe

    ... fort contre moi, et elle a arrêté de trembler. Je sentais sa respiration, un souffle chaud dans mon cou.
    
    Nous n’avons pas prononcé un seul mot. À la fin de l’alerte, elle a vite rejoint ses parents qui l’appelaient, et elle est remontée chez elle sans se retourner.
    
    Ce bombardement n’était que le premier d’une longue série, à toute heure du jour ou de la nuit la sirène pouvait retentir. Il fallait être prêt à descendre se mettre à l’abri.
    
    Spontanément, Solange venait se blottir contre moi, comme si j’étais le seul à pouvoir la protéger du danger. Parfois, elle me regardait furtivement, j’y lisais à chaque fois la même peur, mais très vite elle baissait les yeux. Sa main serait la mienne. J’aimais ce contact, c’était doux. Je fermais les yeux, j’étais heureux… et tous les jours j’attendais avec impatience les avions qui venaient détruire notre ville.
    
    Un jour, à la fin de l’alerte, un soldat allemand est entré dans notre cave. Il criait et nous menaçait avec son arme. Pourquoi ? Personne ne comprenait ce qu’il disait. Toujours hurlant, il a tiré par le bras Huguette la jeune fille qui tient la boutique de fleurs, elle était terrorisée. Que lui voulait-il ?
    
    On n’a pas eu le temps de le savoir, il est tombé en avant, la bouche ouverte, les yeux exorbités. Par terre, il avait l’air plus grand que debout, un couteau planté au milieu du dos, trouant son uniforme vert-de-gris. Fasciné, je regardais son sang se répandre sur le sol de la cave.
    
    Solange a poussé un ...
    ... cri, elle ne pouvait détacher ses yeux du couteau. Sa main s’est crispée si fort que ses ongles se sont incrustés dans mon bras. Je n’ai rien senti, effrayé par les cris des grandes personnes qui s’agitaient dans tous les sens. Je ne m’en suis rendu compte que plus tard en voyant deux gouttes de sang sur ma chemise.
    
    Ses parents sont rapidement venus tirer Solange par le bras. En passant devant le corps étendu, sa mère lui a mis la main devant les yeux. C’était trop tard, des images étaient déjà gravées dans sa tête.
    
    Tassé dans mon coin, je ne bougeais pas. Les yeux toujours rivés sur le soldat, je n’entendais pas ma mère qui m’appelait.
    
    Difficile de cacher un corps, il a été découvert le soir même dans le pré derrière la mairie. Quel raffut ! Je n’entendais que le bruit des bottes des soldats qui couraient sur les pavés de la route. Plus tard, deux voitures blindées sont arrivées en renfort.
    
    Le lendemain, il faisait grand soleil. Comme tous les jours, j’ai voulu aller jouer sur la place de l’église avec mes copains. Maman m’en a empêché, je devais rester dans ma chambre. Pour me faire tenir sage, elle m’a donné un illustré, c’est comme ça qu’on appelait les bandes dessinées, c’était la première fois, d’habitude je ne pouvais les lire qu’en cachette.
    
    Dehors toujours des cris, des ordres claquaient en allemand, je ne savais pas ce qui se passait. J’avais peur sans savoir pourquoi. Dans l’après-midi, il y a eu un grand silence, puis j’ai entendu comme une rafale, le ...
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