1. Une simple histoire d’amour


    Datte: 20/09/2023, Catégories: fh, couple, vacances, plage, amour, dispute, confession, policier, Auteur: Patrick Paris, Source: Revebebe

    FIN
    
    Et voilà ! J’ai terminé. Il me suffit de trois petites lettres F, I, N, pour jeter mes souvenirs en pâture à d’éventuels lecteurs.
    
    Je n’ai pas encore trouvé le titre, mais j’ai décidé de le signer de nos seuls prénoms, Solange et Adrien. Cela rajoute un peu de mystère à ce roman en forme de confession.
    
    C’est mon premier roman, mon seul roman. Non pas que je sois jeune, cela fait deux ans que j’ai pris ma retraite, et dans le commerce, il n’y a pas d’âge. Après le décès de Solange, mon épouse, suite à une longue maladie, je me suis retrouvé seul avec le besoin de raconter notre vie, un peu pour la faire revivre, comme si elle était toujours là. Pour laisser notre trace.
    
    Nous avons vécu ensemble pendant presque 60 ans, ça compte. Il y avait de quoi écrire, une véritable saga. Je n’ai retenu que les moments les plus marquants de notre vie. Tout de même un pavé de 360 pages.
    
    Notre vie pourrait être un roman. Vous allez vite comprendre pourquoi je dis que c’est une fiction sortant de mon imagination et non une autobiographie, j’ai même changé les noms. Personne ne doit savoir que tout ce que j’ai écrit est l’exacte vérité, ni mes amis, ni ma famille, encore moins la société qui nous entoure.
    
    Certains diront, n’avez-vous pas peur qu’on vous reconnaisse ? Peut-être, mais je suis atteint de la même maladie incurable que Solange. Dans un an tout au plus, personne n’entendra plus parler de moi. Et à bien y réfléchir, ne vaudrait-il pas mieux qu’après ma mort, que ...
    ... tout le monde sache, nous pourrions ainsi entrer dans le Guinness des Records.
    
    Commençons par le commencement.
    
    J’ai toujours vécu ici, dans cette petite ville du bord de mer, j’y suis né. Solange aussi. Nous nous sommes connus pendant la guerre, la ville avait été envahie par les troupes allemandes. J’allais avoir 10 ans, Solange en avait 8. Nous habitions le même immeuble. Comme j’étais un grand, je ne l’ai jamais regardée, et puis c’était une fille, je n’allais pas jouer avec une fille. Ça joue à quoi les filles ? Sans intérêt. Je ne lui ai jamais parlé, même quand on se croisait dans la rue ou dans le hall de l’immeuble. La honte si mes copains m’avaient vu.
    
    Et puis, il y a eu ce bombardement. Je n’ai jamais su si c’étaient des avions anglais ou américains, mais les bombes sifflaient en l’air, et détruisaient nos maisons en faisant beaucoup de bruit.
    
    J’ai d’abord entendu un gros vrombissement qui a fait trembler les fenêtres, de peur je me suis bouché les oreilles. Poussé par mes parents, je me suis retrouvé avec tous nos voisins dans la cave. Personne ne parlait. Les enfants avaient été dissimulés sous l’escalier, le lieu le mieux protégé. Solange était près de moi. À la première explosion, elle s’est serrée contre mon bras, elle tremblait, elle avait peur. Moi aussi j’avais peur, mais fallait pas le montrer, un garçon, ça n’a pas peur. Par un réflexe bien masculin, un réflexe protecteur, j’ai passé mon bras autour de ses épaules. Elle s’est serrée encore plus ...
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