1. Un jour ou l'autre...


    Datte: 19/09/2023, Catégories: fh, médical, caresses, pénétratio, nostalgie, rencontre, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe

    ... est bien. D’une main armée d’un tisonnier, je gribouille dans le feu, replace sur le lit de braises une bûche toute neuve. Je tire un plaid sur les genoux de ma mère et me voici à mon tour revenue dans mes souvenirs.
    
    Le silence de la maison m’enveloppe d’une angoisse persistante. La respiration pourtant régulière de la vieille dame qui dort au coin de son feu, elle aussi me donne mille doutes. Rien n’est anormal cependant, mais allez savoir comment ça se fait que je n’arrive pas à me sentir à l’aise dans cette solitude à deux. Alors le bruit inaccoutumé d’un moteur qui m’alerte sur l’arrivée d’un véhicule dans la cour me fait presque bondir de mon fauteuil. Je repose mon livre fermé, page marquée et je vais m’enquérir de qui m’arrive.
    
    Le type n’est ni vieux ni jeune. Entre deux âges, comme je le suis. Il a les cheveux bruns, coupés courts et c’est à la serviette qu’il cramponne d’une main que je devine qu’il s’agit du toubib que m’envoie le père Marceau. Oui ! Ce gars est vraisemblablement proche de mon nombre d’années au compteur. Il se déplace pourtant très souplement et je n’attends pas qu’il réveille maman. Je lui ouvre la porte alors que son doigt n’a pas encore esquissé le geste de sonner.
    
    — Bonjour !
    — Ah ! Vous êtes Claude ? Le docteur Marceau m’envoie pour visiter votre mère.
    — D’accord ! Entrez ! Entrez. Elle se repose au salon, au coin du feu.
    — Alors, dites-moi tout. Quelque chose vous chagrine au sujet de votre maman ?
    — Disons que je veux me ...
    ... rassurer avant de rentrer chez moi… je trouve qu’elle vit un peu en dehors du temps.
    — Je peux entrer ?
    — Oh oui ! Pardon… venez ! Je vais vous expliquer ce qui me trouble.
    — Voilà ! Les soirées sont encore bien fraîches…
    
    Une fois dans la cuisine, je lui expose mon souci et il écoute attentivement. Je lui raconte par le menu cette histoire de : « Henri va bientôt rentrer. Le pauvre, travailler dehors par un temps aussi froid. », alors que papa est décédé depuis cinq ans. Il n’a pas l’air plus soucieux que cela. Puis nous allons donc voir la patiente qui dort toujours. Il s’assoit devant la cheminée, se frotte les mains pour sans doute se les réchauffer un peu. Enfin, il se tourne vers moi et me dévisage.
    
    — Vous n’habitez plus ici, c’est bien cela ?
    — Oui… j’ai une maison à environ vingt kilomètres d’ici ! Mais je viens régulièrement la voir. Mais là, je la trouve très souvent ailleurs… un peu perdue dans ses souvenirs. Et ça m’inquiète pour de bon.
    — Je vois… mais c’est une dame âgée et parfois… la tête…
    — Oui votre confrère, Monsieur Marceau, parle lui de « mémoire capricieuse ».
    — Jolis mots pour dire la même chose en somme !
    — C’est vrai…
    — Vous pensez que nous pouvons la réveiller ? Pour l’ausculter, c’est sûrement plus pratique…
    — Oui ! Vous voulez que je m’en charge ?
    — S’il vous plaît !
    
    Alors je m’approche du fauteuil où elle dort. Je lui pose la main sur l’avant-bras, très délicatement.
    
    — Maman… maman… s’il te plaît… nous avons une visite.
    — Hein ? ...
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