1. Pas drôles, les drones !


    Datte: 26/02/2019, Catégories: fh, profélève, piscine, campagne, hotel, voyage, dispute, policier, Auteur: Rémi Karsan, Source: Revebebe

    ... dans le meuble d’entrée, antichambre des objets sans intérêt qui finiront un jour dans une benne à ordures.
    
    Deux heures et trois cocktails plus tard, le couple avait oublié la livraison spectaculaire du paquet et s’interrogeait sur le restaurant où ils termineraient leur week-end.
    
    * * *
    
    Le dimanche suivant, la canicule n’avait pas faibli, mais les prémices de son déclin se multipliaient. L’horizon était ourlé d’une barre sombre montant au fond de la propriété, zébrée d’éclairs sporadiques accompagnés de roulements de tonnerre encore faibles mais continus. Marc et Paula avaient mis à l’abri le mobilier de jardin et profitaient des derniers moments de calme en se laissant porter par les eaux claires de la piscine. Soudain, le sifflement caractéristique du drone se fit entendre et s’amplifia. L’engin fusa très bas au-dessus du toit de la villa, survola la piscine et vint se positionner à l’aplomb de la pelouse, comme la semaine précédente.
    
    — Ah non, ça ne va pas recommencer ! s’égosilla Marc, surpris par l’apparition.
    — Tu crois qu’il va encore déposer un paquet ? s’interrogea Paula.
    
    Avant même que son mari réponde, le drone s’était approché du sol et un nouveau cube brun roulait sur le gazon desséché. L’engin disparut immédiatement dans un sifflement strident, comme aspiré par les nuages menaçants.
    
    Marc et Paula sortirent à regret de la fraîcheur de l’eau. Armé d’un couteau, Marc s’attaqua aux protections du paquet, strictement identique au précédent. Même ...
    ... adresse, même pellicule transparente et même feuillet plié en deux.
    
    Paula vit le visage de Marc se durcir alors qu’il dépliait le papier :
    
    — Tiens, c’est pour toi, lâcha-t-il en le renvoyant vers sa femme.
    — Pour moi ? s’étonna-t-elle.
    — Lis.
    
    Paula prononça lentement les trois phrases :
    
    — Qu’est-ce que c’est que ce truc ? Je n’y comprends rien, conclut-elle sa lecture.
    
    D’une voix sourde, Marc répondit :
    
    — Moi, je comprends parfaitement : il y a un homme qui s’est amouraché de toi, et apparemment tu n’y es pas indifférente. Et il n’a pas l’intention de s’arrêter là !
    
    Paula le regardait, ébahie :
    
    — Je ne suis pas sûre de bien comprendre ; tu m’accuses de voir un homme sur la base de ce bout de papier ?
    — C’est bien ce qui y est écrit, non ?
    — Et tu le crois ?
    — Tu as une autre explication ?
    — Première chose, jamais je n’ai touché un autre homme que toi depuis que nous nous connaissons, pas plus cette semaine que les précédentes. Ensuite, où vois-tu mon nom sur ce torchon ?
    — C’est bien notre adresse sur l’étiquette, non ? À qui d’autre veux-tu qu’il soit destiné ?
    — Je ne sais pas. À toi peut-être ?
    
    La colère de Marc monta d’un ton :
    
    — Je sais ce que j’ai fait cette semaine ; personne ne s’est particulièrement approché de moi. Fais la soustraction : qui reste-t-il ?
    — Puis-je te faire remarquer que le même raisonnement s’applique tout aussi à toi ?
    — Sauf que je sais ce que je fais.
    — Et moi non ? répliqua Paula d’une voix aigüe.
    
    Sa ...
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