1. Vieux Frères (1)


    Datte: 13/02/2018, Catégories: Gay Auteur: Isadora

    G. s’était levé tôt ce matin-là. Tout se devait d’être parfait : son sac était prêt de la veille, l’appartement dans un état irréprochable, et il avait passé la matinée dans sa salle de bain. Rasé de près, parfumé, enveloppé dans ses vêtements frais et repassés, il pouvait dorénavant partir pour cette journée qui s’annonçait bien particulière.
    
    Sur le trajet, G. pensait à lui. Un nœud d’angoisse se formait dans son bas-ventre. Il n’avait plus eu de rendez-vous avec B. depuis janvier, et appréhendait ces retrouvailles. Aurait-il changé ? Leur complicité serait-elle intacte ? Allaient-ils trouver les mots pour se parler ? Autant que questionnements qui accaparèrent l’esprit de G. tout le long du chemin. Son arrivée à V... le fit sortir de sa torpeur, à peine avait-il eu le temps de se préparer que déjà, il était devant sa porte.
    
    Son cœur battait la chamade, et déjà, de la sueur perlait sur ses tempes. Pour faire taire cette angoisse insoutenable, et pour se donner une certaine contenance, il se lança en un élan inespéré vers la sonnette. Tout se fit très rapidement. On lui ouvrit, il monta les escaliers, et se retrouva à l’appartement 7.
    
    B. était là, fidèle à lui-même. Les cheveux en bataille, une chemise surannée, et les yeux remplis d’une fatigue et d’une malice toutes personnelles.
    
    Un instant de flottement s’installa. Ils étaient là. L’un en face de l’autre. Haletants. Se noyant dans leurs propres yeux. La tension rendait l’air écrasant. Leur souffle était ...
    ... court.
    
    En un geste commun, brutal, et impulsif, les deux hommes se jetèrent l’un sur l’autre. Leurs lèvres vermeilles s’unirent en un échange passionné, leurs langues se fouillaient, et déjà leur sexe prenait une ampleur provocatrice. Il se sentait l’un et l’autre au travers de leurs vêtements, leur verge se frottant timidement, puis devenant de plus en plus pressante. Leurs mains parcouraient leur corps, se perdaient dans les cheveux, sur le visage, les épaules, le dos, le ventre ... Leurs bouches se souillaient tandis que leurs doigts glissaient inexorablement vers le sexe de l’autre, qu’ils finirent par empoigner au travers du tissu ...
    
    N’y tenant plus, les bellâtres se déshabillèrent l’un l’autre et finirent à genoux, à même le sol, au milieu de leurs affaires éparpillées en un joyeux carnaval. Ils se masturbaient à présent à pleine poigne. Leur verge dure et chaude gonflait à l’unisson tandis que les premiers soupirs se faisaient entendre.
    
    Leurs jambes endolories par le parquet dur et froid ne les tenaient plus. B. prit alors les devants, saisissant la main de G. pour l’emmener dans un endroit plus confortable. Ils montèrent dans sa mezzanine, sans échanger un seul regard. Leur fougue les intimidait, et ils n’osaient ni l’un ni l’autre briser ou interrompre le charme qui s’était emparé d’eux. B. allongea délicatement G. sur son lit. G. découvrait son intimité, quelques photos accrochées au mur, des livres, des bibelots ... Son exploration fut de courte durée. B., se ...
«123»