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La sirène d'Innsmouth (4)
Datte: 11/08/2023, Catégories: Divers, Auteur: domindoe, Source: Xstory
Une tempête menace ma propre vie aujourd’hui.Si je ne trouve pas d’abri, je vais disparaître.La guerre est à portée de tirs.L’amour est à portée d’un baiser.Gimme Shelter (The Rolling Stones) *** Le lundi matin, j’avais retenu une idée qui m’avait traversé l’esprit comme un éclair vert durant la nuit. Je devais chercher dans l’ascendance de Claire. Un soupçon fou. D’abord, j’avais pensé à la morsure de la sirène pour expliquer la luminescence, mais mon fils n’avait pas été mordu. Il ne restait que la génétique à incriminer et donc, je devais vérifier les ancêtres de Claire. Il me fallait remonter sa généalogie à partir de ses arrière-grands-parents, vaste tâche, car j’ignorais tout de sa famille au-delà de ses grands-parents. Huit familles à retrouver, peut-être plus. C’était sans espoir. Je devais procéder à l’inverse. Les archives de l’université de Miskatonic étaient informatisées pour la majeure partie. J’avais décidé de commencer mes recherches par ces archives, mes soupçons étaient simples : je présumais qu’un des aïeux de Claire avait peut-être été un de ces hommes-poissons, seule explication plausible à sa luminescence verte, luminescence qu’elle aurait transmise à Gareth et probablement à Margot. Et donc je supposais son ascendance liée à Innsmouth. Cependant, je déchantais. Les études généalogiques sur la population d’Innsmouth, malgré l’étrangeté avérée de certains cas, n’étaient pas informatisées. J’aurais dû me rendre à Innsmouth pour vérifier ...
... l’existence d’archives manuscrites. En revanche, tout ce qui concernait la descendance d’Harding était accessible au format papier et cette documentation était entreposée au sous-sol de la faculté. Je profitai de la pause déjeuner pour descendre au sous-sol. Comme dans les films d’angoisse, le sous-sol était vraiment mal éclairé et l’accès dégageait une impression lugubre, humide et vétuste de restrictions budgétaires. Je fus étonné d’être accueilli par une étudiante, plutôt souriante et délurée. Pas du tout le vieillard acerbe et tout recroquevillé aussi antédiluvien que les murs, vieux décati ronchon prêt à mordre de toute la céramique de son dentier à la moindre virgule mal placée dans le formulaire d’inscription, et qui aurait été plus en accord avec ces lieux poussiéreux. La différence salariale expliquait sûrement ce choix. — Que puis-je pour vous, Professeur Orne ? — Vous me connaissez Mademoiselle... ? — Waite, Aurélia Waite, en seconde année de psycho. Oui, je vous connais, de vue. En fait, je connais un peu votre fils, Gareth, et votre fille, Margot, termina-t-elle dans un grand sourire. Je n’en demandai pas plus sur le sujet. — Je voudrais consulter les archives concernant l’affaire Harding, dis-je. — Harding ? Je ne vois pas. — Début du XXème siècle, un suicide avec une créature étrange retrouvée chez lui. — Non, je ne vois pas, mais je ne suis à l’accueil qu’une fois pas semaine, je ne suis pas très au courant. Cherchez dans le registre des ...