1. Mise au point


    Datte: 25/07/2023, Catégories: ff, policier, Auteur: Domi Dupon, Source: Revebebe

    ... soi-disant tolérants. Ils vont t’faire des grands discours sur leur liberté d’esprit. Mais à l’intérieur, ce sont les mêmes qui vont s’extasier devant une nana qui s’fait sodomiser plus ou moins consentante et vouer aux gémonies la lesbienne assumée qu’je suis. Pardon pour cette digression, mais j’ai trop souffert à cause d’ces faux-culs. Continue, ma belle.
    — L’autre problème que j’avais, mais ce soir, si j’avais encore un doute, la peur que nous a causée Brissou l’a résolu. Je n’ai pas ta force et affronter le regard des autres m’effrayait. D’où mon instant d’hésitation tout à l’heure. Mais c’est fini. J’ai toujours refusé de me mettre en couple, d’engager mon avenir. Fonder une famille avec notre job, ça ne le fait pas. Mais s’amuser ensemble, vivre quelque chose de fort avec toi, oui. Et sans nous cacher. Une balle mal placée et on tire notre révérence… Alors…
    
    Tournant sa ravissante frimousse, ses lèvres rencontrèrent la paume de ma main qu’elle couvrit de baisers.
    
    — Ça m’va tout à fait. J’m’sens pas d’r’commencer une vie d’couple. Mais s’faire plaisir, partager de bons moments avec toi, sûre que j’suis partante, et tant pis pour l’axiome pas d’baise au boulot. Qu’est-ce…
    
    Une bouche se collait à la mienne. Devant un interne médusé, nous nous embrassâmes à pleine bouche. Si nous n’avions pas été dans le couloir des urgences d’Édouard Herriot, nous aurions sans doute perdu le contrôle. Notre baiser fut interrompu par l’arrivée d’un chariot et l’écho d’une voix ...
    ... embrumée :
    
    — J’en étais sûr. T’as profité d’un instant de faiblesse. Colette, vous ne savez pas où vous mettez les pieds… enfin quand je dis les pieds !
    — Monsieur, ne vous agitez pas, et vous, mesdames, dans son état, ce n’est peut-être pas très bon de réveiller sa libido, déclara dans un grand rire le grand Antillais en surblouse verte qui poussait le chariot de notre collègue.
    
    Dans un même élan, nous étions sur nos pieds prêtes à serrer ce crétin de Martineau dans nos bras.
    
    — Un peu de calme, mesdames. Pour les mamours, vous verrez plus tard. Si vous vous tenez correctement, je vous laisse cinq minutes, ajouta-t-il avec la même bonne humeur. Ensuite, il faudra que ce grand garçon se repose.
    
    Soudain, une furie asiatique en blouse blanche déboula dans le couloir. Sans même nous regarder, elle se précipita vers le chariot tout en s’adressant au grand black avec un délicieux accent.
    
    — Qu’est-ce qui lui est arrivé ?
    — Une balle lui a traversé l’omoplate et a ricoché sur l’articulation.
    — Des lésions graves ?
    — Il a eu de la chance. Rien qui ne se résoudra pas avec une bonne rééducation.
    
    Asiatique, mignonne, une vraie petite poupée. Serait-ce l’interprète coréenne, donc la « fiancée » de ce cher Bryce ? Il confirma aussitôt mon intuition.
    
    — Lay Houay, je te présente ma cheffe Colette, et ma collègue Anna. Mesdames, Lay Houay, ma petite amie.
    
    La petite amie se révéla enchantée de nous connaître, « Bri » lui ayant beaucoup parlé de nous. Nous fûmes ...
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