1. La liste de Noël (4)


    Datte: 14/07/2023, Catégories: Trash, Auteur: Victor_lepieux, Source: Xstory

    27 Décembre : J’ai été une garce avec Jean, Nicolas, Rémi.
    
    Je téléphonais à Jean. J’eus de la chance, il décrocha immédiatement :
    
    « Salut, c’est Ophélie.
    
    — Ophélie ? Qu’est-ce que tu me veux ? »
    
    Son ton était défensif, il faut dire que je n’avais pas été gentille avec lui et ses deux camarades. C’est moi qui avais trouvé leur surnom : "Face de Cul" pour Jean qui avait une acné purulente, un truc immonde, des gros boutons blancs à deux doigts d’exploser sur tout le visage. À sa place, je serais resté chez moi plutôt que de montrer une gueule aussi ignoble devant tout le monde. En plus, il avait une tête ronde, parler en face de lui, c’est comme parler à un cul.
    
    Nicolas, je l’avais surnommé "Grosse Merde", et j’avais une bonne raison pour ça, le mec n’était juste un gros lard, mais un obèse du genre congénital. Il devait mesurer un mètre soixante-dix pour plus de cent cinquante kilos. On voyait sa graisse bouger à chaque pas, c’était répugnant. Et des gros comme ça, ça pue. Je ne sais pas si c’est parce le sucre sue par les pores de leur peau, ou que leur estomac est tellement rempli que la nourriture qu’elle a le temps de pourrir dedans, mais en tout cas, ils shinglent.
    
    Enfin, il y avait Rémi, que j’avais baptisé "Sidaman." Il était maigre comme un clou et toujours malade. Que ce soit un rhume, de la grippe, une angine... Depuis la rentrée, il avait facilement dû manquer un mois de cours. Du coup, on avait peur de choper un truc rien qu’en restant près de ...
    ... lui, et le grand jeu au lycée était que, s’il vous touchait, vous deviez crier « Au secours ! Sidaman m’a filé le Sida. » Du coup, personne ne l’approchait à part ses deux potes.
    
    C’était les trois glands comme je les appelais quand ils étaient ensemble. Et tous les trois étaient bigleux et chaussaient des lunettes. C’est pour dire que ce n’est pas moi qui étais méchante avec eux, c’est eux qui ne cherchaient pas à s’intégrer. Ils auraient pu porter des lentilles, se mettre au sport... À la place, non seulement ces trois mecs étaient dégueulasse, mais c’étaient des clichés sur pattes ; ils discutaient de jeux vidéo, programmation, et d’autres machins de geeks teubés.
    
    Mes surnoms avaient marché du tonnerre et avaient été repris par les autres lycéens, j’en étais assez fier –jusqu’à présent- ce qui m’avait encouragé à continuer mes moqueries. Et puis se foutre de leur gueule était irrésistible :
    
    « Hey Grosse Merde, il te reste du sperme de Sidaman sur la bouche. » après qu’il ait mangé un yaourt à la cantine.
    
    « Alors les glandus, ça fait quoi de savoir que vous ne toucherez jamais une fille, que vous resterez des puceaux jusqu’à cinquante ans ? Vous allez vous branler entre vous pour tenir le coup ? »
    
    Maintenant que je devais obtenir leur pardon, je me rendais compte que j’aurais pu m’abstenir de certaines blagues. J’entamais la conversation téléphonique aussi naturellement que possible.
    
    « Salut Facede... je veux dire, Jean. Ça va ? Tu passes de bonnes vacances ? ...
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