1. Histoire des libertines (88) : Nééra, le parcours d’une prostituée de la Grèce antique


    Datte: 06/07/2023, Catégories: A dormir debout, Auteur: Olga T, Source: Hds

    ... d'apporter aux clients une compagnie stimulante sur le plan intellectuel dans les banquets. C'est pourquoi ces demoiselles recevaient de larges connaissances culturelles, que ce soit dans les domaines de la littérature, de l'art et de la musique, ce qui était inhabituel chez les femmes grecques d'alors.
    
    Les filles de Nicarète avaient probablement une grande réputation à leur époque. Le poète Philétère évoque dans son poème « La chasseresse » trois des demoiselles de chez Nicarète (Nééra, Phila et Isthmias). La clientèle appartenait en grande partie à la meilleure société de l'époque. Elle venait même de l'extérieur de Corinthe.
    
    Un hôte important du bordel de Nicarète, client attitré de Métanère était l'orateur Lysias (-440/-380). Voulant faire plaisir à son amante, au milieu des années 380 av. J.-C., il finança un voyage à Éleusis, cité voisine d'Athènes, où elle fut initiée aux Mystères. Les amants furent accompagnés dans leur voyage par Nicarète et par Nééra également. C'était sans doute le premier séjour de Nééra dans la métropole de l’Attique.
    
    Plus tard, Nééra revint dans cette ville, cette fois pour les Panathénées, où elle accompagnait sa maîtresse et son propre client attitré, Simos de Thessalie.
    
    Comme le montrent les relations entre Métaneira et Lysias ou entre Nééra et Simos, les liaisons avec les hétaïres de Nicarète ne devaient pas être des satisfactions rapides et passagères, mais elles pouvaient devenir des relations à plus long terme. Néanmoins, on ...
    ... ne peut pas les compter dans la classe supérieure des prostituées, car leur statut d'esclaves ne leur donnait aucune liberté en ce qui concerne le choix de leur clientèle.
    
    DU BORDEL A LA LIBERTE
    
    Nicarète accepta que Timanoridas, de Corinthe, et Eucrates, de Leucade, achètent Nééra en -376, sans doute peu après le voyage à Athènes. Ils faisaient partie des clients attitrés de Nééra, et pensaient qu'il leur serait plus économique pour l'avenir de l'acheter tout de suite entièrement, même si la transaction devait encore leur coûter une coquette somme : Nicarète ne demanda pas moins que 3 000 drachmes, soit dix fois plus qu'un esclave artisan formé, et cinq à six fois le revenu annuel d'un travailleur. Bien que cela atteignît leurs limites financières à tous les deux, ils conclurent l'affaire. Maintenant, Nééra avait deux maîtres, qui pouvaient en faire ce qu'ils voulaient.
    
    Après deux à trois ans d’exploitation sexuelle intense, les « copropriétaires » commencent à se lasser. Les trois arrivèrent à la solution que Nééra pouvait se racheter sa liberté pour 2000 drachmes, à condition de quitter Corinthe pour toujours. Avec l'aide de clients passés, et notamment d'un homme nommé Phrynion, elle réussit à réunir la somme et racheta sa liberté.
    
    NEERA DEBAUCHEE ET PROSTITUEE
    
    Nééra alla avec Phrynion dans sa ville, Athènes, et ils vécurent en couple. Phrynion emmenait Nééra régulièrement dans ses débauches. Il aurait même eu des rapports sexuels en public avec Nééra, ce qui ...
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