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PokémonVR (35)
Datte: 28/06/2023, Catégories: Divers, Auteur: matchless, Source: Xstory
... cria-t-elle subitement. Je m’immobilisai. — Ça fait je ne sais combien de temps que nos jambes n’ont pas servi. Si tu sautes de là maintenant, au mieux tu te froisses un muscle. Elle avait raison. Précipitation et méninges ne faisaient pas bon ménage. Je pris alors une quinzaine de minutes afin de bouger mes jambes et les réhabituer à se déplacer. Au début, cela picotait, comme quand j’avais des fourmis dans un bras après avoir dormi dessus. C’était désagréable, mais nécessaire. Petit à petit, cette sensation disparut, et je manipulais mes jambes comme avant. Je décidai alors de descendre tout en douceur. Je passai une première jambe à l’extérieur de la cabine, puis une deuxième. Je me laissai glisser lentement dans le vide jusqu’à ce que je sentisse le sol sous les semelles de mes chaussures. En parlant de ça, je n’allais pas aimer l’odeur de mes chaussettes. Des semaines sans aérer mes orteils. Je m’imaginai déjà une forte odeur de décomposition. Lentement mais sûrement, je laissais mon pied reposer sur mes jambes. Une fois debout, je sentis des tremblements au niveau de mes jambes, mais rien d’alarmant. Ils disparurent d’ailleurs après quelques secondes. Je fis quelques petits sauts sur moi-même, puis je me sentis prêt à me déplacer. Sans attendre, je rejoignis Ayaka. Un mois s’était écoulé depuis le jour où nous étions parvenus à quitter ce jeu maudit. Ayaka et moi nous étions retrouvés, dans la vraie vie cette fois. Les traces de brûlures défigurant son ...
... visage avaient disparu avec la destruction de son avatar. C’était probablement pour le mieux. Nous étions parvenus à quitter les locaux de la CR2VL. Nous avions appelé un taxi afin de rentrer chez nous. Enfin, par chez nous, il fallait plutôt comprendre que j’avais invité Ayaka dans mon appartement. Car notre histoire ne se résumait pas qu’à un jeu vidéo. Né dans le virtuel, notre amour avait transcendé le numérique pour se reproduire par nos phéromones et nos cœurs. Mon ex-petite amie, qui m’avait accompagné avant cette catastrophe, avait disparu. Seul un message subsistait d’elle, dans mon téléphone : « Ne t’approche plus jamais de moi. ». J’avais conscience de l’avoir fait souffrir. J’en avais pleinement conscience. Mais notre relation n’avait rien à voir avec celle que je partageais désormais avec Ayaka. Rien à voir, sur aucun point. Aujourd’hui, la presse n’avait entendu aucun écho de l’incident qui avait coûté la vie à 18 joueurs. Seul un reportage sur un grand incendie ayant emporté les bâtiments de la CR2VL pouvait être écouté. Rien de plus. L’incendie avait d’ailleurs emporté les dix-neuf corps, dont celui de Secoya. Aucune preuve de ce qui s’était produit n’avait survécu. Néanmoins, la police et les services secrets avaient cru à notre histoire. Néanmoins, en l’absence totale de preuves, aucune enquête ne pouvait être entamée. Il nous avait été clairement demandé de ne pas ébruiter l’affaire. Il valait mieux éviter de semer la panique. Je partageais cet avis, ...