1. Simon, d'Ange à Démon. (11)


    Datte: 24/06/2023, Catégories: Divers, Auteur: Pikatchu, Source: Xstory

    ... de rentrer préparer le repas du midi pour les enfants et leur mari, d’autres pour qui le jour de marché est un moyen de faire des rencontres, de discuter, de dire de bons mots et surtout de dégoiser sur le dos des quelques vieilles bigotes et autres grenouilles de bénitier à qui elles ne se gênent pas pour tailler de joli costard. Il leur arrive parfois de prendre un casse-croûte les jours de marché de journée à l’heure de midi.
    
    C’est la raison pour laquelle Georgette envisage de proposer des salades pour augmenter son chiffre d’affaires l’été avec l’aide d’un serveur plutôt mignon ; afin de compenser celui de l’hiver excessivement bas à cause des conditions climatiques parfois catastrophiques.
    
    Déjà une dizaine de tables, de deux à quatre personnes mobilisent toutes les attentions de Simon, qui carnet en main, prend les commandes puis à peine arrivé à la porte du bistrot, claironne :
    
    — S’il vous plaît ! Pour la T2 : deux cafés et deux verres d’eau, pour la T4 ; deux pressions et deux cocas avec pailles, pour la T3... Et ainsi de suite.
    
    À peine est-il arrivé au bar que les premières commandes sont déjà prêtes, il les apporte et la ritournelle de commandes chante presque, le service est rapide et efficace ; les clients consomment. On rit, on plaisante, l’ambiance est joviale, sans doute à cause des premières chaleurs et de la présence du nouveau serveur. Il est près de midi et la terrasse commence à se vider, certains règlent règle leur addition, Simon prend les ...
    ... coupelles en plastique de couleurs différentes qui sont en réalité des dessous de verre généreusement offerts par« Kronenbourg » c’est marqué en lettres rouges au fond de la coupelle. Simon les rapporte au bar et attend la monnaie et repart torchon et éponge en main pour nettoyer les tables. Georgette avait vu juste, une nouvelle clientèle plutôt féminine s’installe aux tables et terrasse.
    
    Sur le marché, c’est presque un jour de fête, l’ambiance y est bon enfant, on rit, on plaisante, le marchand de vêtements de saison accoste sans vergogne les femmes les plus jeunes, et vante la qualité de ses robes légères en leur prédisant un confort irréprochable. Pour les hommes, ce sont les shorts et les débardeurs à la mode, comme ce que porte le serveur du bistrot qui lui en a acheté il y a peu. L’étal du poissonnier laisse échapper un filet d’eau de la fonte de la glace qu’il rajoute en permanence sur ces poissons pour éviter qu’il ne tourne de l’œil avant même d’être vendu en criant à tue-tête : «Poisson frais ! Venez regarder moi comme ce maquereau est beau, Mesdames ! Celui-là, vous pouvez le manger ». À l’étal du primeur, l’ambiance est plus studieuse, les mères de famille palpent délicatement les fruits pendant que leurs gamins fouillent dans les tas de pomme de terre et de carottes pour y dénicher la plus étrange des légumineuses.
    
    Venant du haut de la place du marché, une silhouette descend d’un pas presque nonchalant entre les étals des camelots, elle s’arrête à l’un puis à ...