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Résurrection
Datte: 08/06/2023, Catégories: ff, amour, portrait, lesbos, Auteur: Maryse, Source: Revebebe
... fréquentable. Elle secoua la tête en soupirant. Elle se sentait nerveuse, écœurée, déprimée comme tous les matins. Elle devait rentrer chez elle, prendre une bonne douche, prendre sa dose pour pouvoir affronter les visites de l’après-midi et attendre la nuit où de nouveau elle replongerait dans l’obscurité… De légers tintements la tirèrent de ses réflexions. Après s’être rhabillée, elle quitta la chambre et se dirigea vers la cuisine en serrant son sac à main contre elle. Il était temps de partir. Mais avant, elle devait prendre congé. Elle se sentait embarrassée de le faire. Elle n’était pas sûre de savoir comment s’y prendre. Ses échanges avec les autres étaient brefs et impersonnels. L’envie de s’en aller en catimini la tiraillait. Après tout, elle n’avait rien demandé et n’était redevable de personne ! En disparaissant comme un fantôme, Marie-Ange en serait sûrement contrariée et cette possibilité la dérangea. Assez de tergiversations ! Plus vite elle irait remercier son hôtesse et plus vite elle s’en irait. Une fois sur le seuil de la cuisine, elle se figea. Le soleil qui traversait la fenêtre inondait la pièce d’une lumière éclatante. Elle en fut éblouie. Agressée même. Dans un réflexe de protection, elle recula d’un pas pour retrouver la pénombre qu’elle venait de quitter. Marie-Ange qui arrangeait des fleurs dans un vase, se retourna vers elle et lui sourit chaleureusement. — Bonjour… Son souffle se bloqua dans sa poitrine. Elle avait l’impression de ...
... contempler un être de lumière. Marie-Ange semblait resplendir, elle était si rayonnante dans sa petite robe aux motifs colorés qu’on aurait dit que c’était elle qui éclairait les lieux et non pas l’astre inondant la pièce de ses rayons. Elle eut brusquement peur de s’approcher, peur de souiller cet endroit de sa noirceur… — Ne reste pas plantée là, installe-toi pendant que je te sers du café… Elle déglutit péniblement. Elle se sentait partagée. La logique aurait voulu qu’elle parte, qu’elle s’éloigne le plus rapidement possible de ce lieu où elle n’était pas à sa place. Mais elle n’arrivait pas à détourner les yeux de Marie-Ange qui l’avait accueillie si gentiment. Son indécision la stupéfiait. Elle s’en sentait agacée. Qu’espérait-elle donc ? Elle savait bien qu’elle ne devait rien attendre des autres. L’espoir était fait pour les gens normaux, pour les autres. Pas pour elle. Elle n’avait qu’une chose à faire : retourner d’où elle venait… — Non, répliqua-t-elle, je t’ai assez dérangée comme ça. Je te remercie pour tout ce que tu as fait. Maintenant, je vais te laisser… dit-elle d’une seule traite, sans oser croiser le regard de son interlocutrice. Marie-Ange fronça les sourcils et la fixa avec des yeux contrariés. — Tu ne me déranges pas… Bien au contraire… Reste et parlons… Elle eut un haut-le-corps. Parler ? Parler de quoi ? … Elle se sentait à fleur de peau. Un léger tremblement la secouait à l’intérieur. Elle mettait tout en œuvre pour le contenir, pour ...