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Résurrection
Datte: 08/06/2023, Catégories: ff, amour, portrait, lesbos, Auteur: Maryse, Source: Revebebe
... paupières se mirent à cligner. Un bourdonnement lancinant résonna dans sa tête et lui provoqua une migraine atroce qui lui transperçait le crâne. Elle se prit les tempes entre les mains et gémit dans un sanglot vite étouffé. Des larmes lui coulaient des yeux comme ce qui s’était produit chez Marie-Ange. Tout son corps se contracta sous la violence de l’émotion qui la submergeait. Ce fut comme une éruption volcanique. Soudain et brutal. Elle cria tétanisée, en s’effondrant sur son lit. Sa souffrance lui fit haïr son corps. Elle se détestait. Tout semblait s’effondrer autour d’elle. Elle devint hystérique, pleurant et gémissant, en se tortillant sur le lit qu’elle frappait de ses poings serrés. Épuisée et à bout de souffle, elle finit par se calmer. Elle se redressa tant bien que mal en titubant dangereusement. Dans un état second, elle attrapa sa trousse. Cette nuit, elle partirait, mais pas enfermée dans sa chambre. Dans un endroit où l’on pourrait retrouver son corps. Elle sortit dans la nuit sans jeter un regard derrière elle. Elle marcha droit devant elle comme un automate. Le bruit de ses talons sur le béton du trottoir sonnait comme le martèlement sinistre du tambour accompagnant le condamné vers l’échafaud. Elle ne voyait rien autour d’elle, ne ressentait rien, pas même l’air froid de la nuit. Et puis brusquement, le souvenir de Marie-Ange lui emplit l’esprit. Son visage doux semblait si réel, si proche qu’elle tendit la main pour le toucher. — Qu’est-ce que tu ...
... fais ici ? La voix de Marie-Ange ! Elle devait rêver. Des mains se saisirent des siennes et les serrèrent. Elle voulut se débattre. La petite trousse qu’elle serrait contre elle tomba par terre tandis qu’elle restait pétrifiée, incapable de la moindre réaction. Puis quelque chose lâcha en elle et elle se remit à sangloter, submergée par une émotion incompréhensible. Aussi incroyable que cela pouvait paraître, elle brûlait de s’agripper à cette présence telle une noyée à sa bouée de sauvetage. Mais ce besoin lui paraissait inconcevable. Elle resta interdite, partagée entre l’envie de se blottir contre Marie-Ange et de reculer. — Viens… Je t’emmène avec moi… Tout à coup affolée, elle voulut rétorquer que ce n’était pas possible, qu’elle était nocive et qu’on devait l’éviter à tout prix. Mais seul un gémissement sortit de ses lèvres crispées. Et lorsque les bras l’enlacèrent délicatement, elle eut l’étrange sensation que son cœur se remettait à battre en propageant en elle, une étrange et paradoxale envie, l’envie de vivre… Tout à coup, angoissée par la violence des émotions qui l’emportaient, elle qui en avait été si longtemps privée, ferma les paupières, son visage à un souffle de celui de sa voisine. — Je veux, lui susurra Marie-Ange d’une voix si douce qu’elle en frémit, t’aider, te ramener à la vie, te garder près de moi… Cette dernière se pencha à son oreille avant d’ajouter : — Accepte, Maryse. Elle n’arrivait pas à croire à ce qu’elle avait entendu. ...