1. 0305 Un jeune papa


    Datte: 31/05/2023, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... raconte pas les nuits blanches à essayer de calmer le petit monstre ! Heureusement que tu m’aides, mon chéri ! » elle ajoute à l’intention de Thibault qui vient de se lever de table et qui est déjà en train de préparer le biberon.
    
    Nous le suivons dans la chambre. Et là, je le vois attraper le petit Lucas avec une attention infinie, une délicatesse qui contraste avec la vision de ses grosses paluches. J’ai l’impression que le bébé tiendrait presque entièrement dans une de ses grandes mains. Thibault dépose le petit Être en équilibre entre son avant-bras et son torse, la tête délicatement posée sur son biceps rebondi. Lucas se calme vite, comme s’il se sentait bien, en sécurité, protégé. Je te comprends, petit Lucas, je sais combien il fait bon de se retrouver dans les bras de ton papa. L’image de Thibault donnant le biberon à son gosse est d’une beauté émouvante. Le petit glouton termine vite son repas et lâche un petit rot qui rassure ses jeunes parents.
    
    Le biberon est terminé, mais Thibault ne semble pas pressé de poser Lucas dans son berceau. Le demi de mêlée est vraiment touchant avec ce bébé dans les bras. Il ne le quitte pas des yeux, il lui fait des papouilles, il fait le zouave pour essayer de le faire sourire.
    
    « Tu vas être un papa gâteau… je lance.
    
    — Un papa gaga, oui !
    
    — En tout cas, il est vraiment mignon… »
    
    Et là, Thibault va me faire une proposition qui me trouble. Je la voyais venir, et je la redoutais.
    
    « Tu veux le tenir ? »
    
    Qui, moi, si ...
    ... maladroit, prendre Bébé dans mes bras ? Mais je ne sais pas comment le tenir ! Je n’ai jamais tenu un bébé ! Et si je lui fais mal ? Et puis… est-ce que Nath est d’accord ?
    
    « J’ai peur de ne pas savoir le tenir…
    
    — Mais c’est simple, fait Nathalie, tu l’allonges sur ton bras, la tête un peu relevée ».
    
    Je ne suis toujours pas rassuré, mais déjà l’avant-bras de Thibault frôle le mien pour la passation de « témoin ». Je me retrouve ainsi avec le petit Lucas dans mes bras, ses mains dans le vide, ses yeux écarquillés plantés dans les miens et qui semblent demander : « mais c’est qui cet abruti-là ? Il a l’air d’une poule devant un couteau ! Papa, au secours ! »
    
    « Vas-y, pose-le sur ton bras, contre ta poitrine, fait Nath.
    
    — J’ai peur de lui faire mal…
    
    — Mais il n’est pas en sucre. Il est plutôt en caoutchouc ! » s’amuse Thibault.
    
    Les jeunes parents ne semblent pas inquiets le moindre du monde. Mais moi, je ne suis toujours pas à l’aise. J’ai du mal à tenir ce bébé dans les bras. Il a l’air si fragile ! Et puis, ses grands yeux ne cessent de me dévisager . Comme s’ils me questionnaient. Comme s’ils me demandaient : et toi, tu vas avoir un jour un bébé comme moi avec qui je pourrais jouer ? Peut-être que tu ne m’offriras jamais un pote avec qui jouer parce que tu n’es pas normal. Tu as encore le temps pour changer. Tu ne veux pas rater ta vie, hein ? Te retrouver à 50 piges en te disant que tu t’es trompé ?
    
    J’ai de plus en plus de mal à supporter ce regard à ...
«1234...14»