-
Campus (2)
Datte: 12/05/2023, Catégories: Divers, Auteur: Blueberry89, Source: Xstory
... quelque chose d’un peu indiscret ? Tente-t-elle timidement. — Euh... bien sûr. — Toi et mon frère, vous... vous êtes ensemble ? — Quoi ? Non ! Dis-je un peu trop rapidement pour paraître crédible. — Ca ne me dérange pas, ne t’en fais pas. C’est juste que Max a beaucoup souffert ces dernières années à cause d’une fille, je ne voudrais pas qu’il arrive la même chose. — Nous sommes juste amis... Bon, des amis qui jouent de leurs langues entre eux, mais ça elle n’est pas obligée de le savoir. — Tu sais, il n’est pas le genre de mec à sauter sur tout ce qui bouge. S’il n’avait pas eu cette histoire sérieuse, j’aurais pu croire qu’il était gay tellement il évite la gent féminine. C’est pour cela que j’ai pensé que vous deux... — Oh non, c’est juste qu’il m’a proposé de venir utiliser votre piano en échange de cours particuliers et disons que c’est un peu tombé au mauvais moment. C’est gentil de la part de ton frère de prendre soin de moi alors qu’on ne se connaît pas, mais ça me gêne terriblement. — Tu ne devrais pas, il le fait de gaieté de cœur, dit-elle en posant une main sur mon épaule. Cette fille est décidément bien trop tactile pour moi. Là où les contacts de Maxence m’enflamment de manière incontrôlable, ceux de Roxane m’incommodent et déclenchent en moi une gêne profonde. Je feins la fatigue pour mettre fin à la conversation, et quand enfin, je me retrouve seule, étendue sous la couette duveteuse, regrets et remords viennent me tourmenter ...
... et envahissent mes songes jusqu’au matin. Le lendemain matin, il est très tôt quand j’ouvre les yeux et je n’ose sortir de la chambre, de peur de déranger quelqu’un. Je regarde mon téléphone et y découvre quelques messages de soutien d’Anna et Laura, mais surtout, un de mon père. Il est concis, mais tranchant. Il comprend ma décision, mais joue la carte de la culpabilité envers ma pauvre mère et s’attend à me voir revenir sous peu. J’en frissonne d’effroi. Il est en colère, ça se sent dans ses mots. Je vais être tenue de retourner chez moi quand même, il me laisse juste quelques jours de répit. Je déteste par-dessus tout décevoir mon père, même si lui ne s’est pas gêné pour le faire. Ma mère, quant à elle, est quelqu’un d’assez perturbé. Enchaînant les dépressions depuis ma tendre enfance, elle vit sous la coupe de son mari, sans jamais oser émettre son opinion. Elle erre comme un fantôme dans notre grande demeure, reléguant les tâches ménagères à notre bonne, Jeanne, préférant s’intoxiquer à coups d’antidépresseurs. Elle n’a jamais été proche de nous, n’a jamais montré le moindre signe d’affection. C’est pourquoi cela ne m’étonne pas lorsque j’apprends par un coup de téléphone à Jeanne que l’état de ma mère n’a pas changé et que l’annonce de l’accident d’Adam n’a eu aucun effet sur elle. En revanche, mon père semble devenir fou. Malgré leurs sempiternelles querelles, il aime mon frère, indéniablement, et le voir dans cet état sans pouvoir y changer quoi que ce ...