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Célia cinéphile (1)
Datte: 18/04/2023, Catégories: Erotique, Auteur: StephleBihan, Source: Xstory
... refuser élégamment quelques propositions malhonnêtes, quand enfin, Nicolas, manifestement satisfait de sa soirée, lui déclara que sa mission était terminée. Elle se tourna alors vers le buffet, sa gorge était sèche et le champagne qu’elle tenait à la main pour la contenance était tiède et éventé. Ce que Célia remarqua en premier chez Marc fut la largeur de son dos. Ce que Marc perçut en premier chez Célia fut le bruit de ses talons sur le parquet en point de Hongrie. Quand elle le contourna pour accéder à la table, Marc tourna machinalement la tête vers elle. Un chignon plat coiffait le visage d’un ange à la peau diaphane. De grands yeux bleus et ronds aux longs cils se tournèrent vers lui. Il lui sembla que le temps s’arrêtait, que son sang se figeait. Une bouche rose s’entrouvrit dans un sourire : « vous permettez ? ». Une main fine accompagna la question et s’empara délicatement d’une flute de champagne. Marc eut la force de bredouiller quelques mots indistincts puis se ressaisit. Il s’excusa et tourna sa carrure vers Célia. Il n’était pas franchement beau. Son visage était anguleux, ses yeux clairs, toujours plissés comme s’il était en permanence ébloui par quelque lumière. Son sourire dévoilait des dents à « décroisser la lune » comme le chantait Brel. Sa coupe pompadour, à la mode chez tous les hipsters, était cependant plus courte et l’undercut à ras de peau donnait à Célia l’impression d’avoir affaire à un baroudeur apprêté pour l’occasion. Elle ...
... l’imagina légionnaire. Pourtant elle se rendit vite compte qu’il était très à l’aise dans son costume « 3 pièces » anthracite. Il avait un geste qui la fit sourire, celui de tirer régulièrement sur les poignées de sa chemise. Soit il avait un tic, soit ses muscles roulaient sous ses manches et l’obligeaient à les réajuster au moindre mouvement. Malgré sa carrure, il n’avait pas la rigidité d’un body builder. Ces gestes étaient même sûrs et souples. Ce qui impressionnait (et plaisait) à Célia, c’est la virilité et le charisme que Marc dégageait... Le genre d’homme qui rassure, au bras duquel vous avez l’impression que rien ne peut vous arriver... Il travaillait pour un célèbre horloger suisse de luxe. Célia se laissa raconter cela en détail, emportée par le champagne et la voix posée de son interlocuteur. La conversation dévia inévitablement sur leurs centres d’intérêt personnels. Ils se trouvèrent une passion commune pour le cinéma et chacun énuméra ses cinéastes préférés (ou ceux dont ils se souvenaient à cet instant). Célia sortit la grosse artillerie du cinéma : Fritz Lang, Ingmar Bergman, Godard (pour faire l’intello, car en fait elle trouvait ses films prétentieux) et Bunuel bien sûr. Marc joua un registre plus confidentiel avec Jim Jarmush, Jonas Mekas et John Waters. Célia éclata d’un rire charmant : — Je suis certaine que vous n’osez pas citer Russ Meyer, mais que vous y pensez très fort ! — J’avais même le poster de Vixen dans ma chambre d’étudiant ! ...