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CHEZ LES BLEUS — EPISODE 5
Datte: 13/03/2023, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: JulesM, Source: Hds
... ! lance laconique Timothé avant de se relever et de s’éloigner, devant retourner commander ses hommes. Timothé s’éloigne. Il retourne à son véhicule et s’appuie sur le toit, la tête plongée dans ses mains. Mais rapidement il retrouve une fois encore sa concentration. Il reprend sa radio et donne ses nouvelles instructions. Il se porte auprès des autres fonctionnaires, s’assurer qu’aucun d’entre eux n’est blessé. C’est là que l’une d’entre elles, gardienne stagiaire fraîchement sortie d’école, lui explique qu’Adam s’est retrouvé isolé après être venue la récupérer, elle-même isolée juste avant, se battant seul contre trois casseurs et l’empêchant de se faire sévèrement tabasser. Timothé ne peut s’empêcher de sourire, il reconnaît bien là le courage et l’abnégation de son mec. Quelques minutes plus tard, tandis qu’il se retourne, il aperçoit l’ambulance des pompiers qui s’éloigne en emportant Adam. Il la fixe tandis qu’elle s’éloigne puis disparaît au coin du boulevard. Le major Denis s’approche de lui. Il tient dans la main le ceinturon et l’arme de service d’Adam, qui lui ont été retirées avant son départ en ambulance. - M. Garnier vient de partir à l’hôpital patron. - D’accord, répond Timothé après avoir marqué un temps, fixant le ceinturon d’Adam dans la main du major. Il réalise alors seulement à quel point il était proche de le perdre. Il s’en veut de ne pas avoir fait plus, il s’en veut de ne pas l’accompagner à l’hôpital, il voudrait être dans cette ...
... ambulance et à ses côtés. Mais il ne peut pas, le travail avant tout. Timothé monte alors dans la voiture, côté passager cette fois, tout en lançant au major “Allez-y reprenez le volant.” Le major monte. Un long silence s’installe tandis que celui-ci démarre le véhicule et quitte les lieux pour retourner sur la place principale. La ville est soudainement déserte, elle paraît calme, presque endormie malgré les événements qui viennent de s’y passer et qui ont encore lieu un peu partout dans d’autres quartiers. Timothé, observant le décor par la vitre, est obnubilé par le reflet intermittent de la lumière bleue du gyrophare sur les façades des immeubles. Il n’est sorti de sa réflexion que par les propos du major : - Patron ? - Oui ? répond Timothé en se tournant vers lui. - Je voulais vous dire… j’me suis trompé sur vous. Je vous prenais pour un petit arriviste sorti d’école, pensant tout savoir mieux que tout le monde. Mais là, ce soir, le petit vous en doit une… sans vous, j’sais pas comment on l’aurait récupéré. Je suis dans la boite depuis presque trente ans vous savez, des patrons comme vous… je les compte sur les doigts d’une main. Vous êtes un vrai flic. Étonné par ce mea culpa, Timothé reste dans un premier temps muet. Ce n’est qu’après quelques secondes qu’il répond un : “Merci.” auquel le major ne répondra que par un signe de tête. Le reste de la nuit se fera dans la désescalade progressive de la violence. Vers les cinq heures du matin, les rues retrouvent ...