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Erotisme et poésie (6) : « Ode à l’amant » de Marie Dauguet
Datte: 13/03/2023, Catégories: A dormir debout, Auteur: Olga T, Source: Hds
Grâce à l’Anthologie de la poésie érotique de Pierre Perret (Editions Nil 1995), je continue à découvrir et donc faire connaître ici des poètes et poétesses qui ont écrit de merveilleux poèmes érotiques. C’est le cas de Marie Dauguet (1860-1942). Cette rubrique a pour objet principal de partager le texte d’un poème, après avoir brièvement rappelé la vie et l’œuvre du poète. Ces textes courts sont de petits interludes dans mes publications, dans lesquels j’entends donner d’abord la parole au poète et où je ne prétends pas (de quel droit et à quel titre ?) m’ériger en critique. Ma seule ambition dans cette rubrique est de partager un poème que j’ai eu plaisir à découvrir Lisez ou écoutez plutôt. Pour reprendre le titre de l’Anthologie de la poésie féminine, écrite par Françoise Chandernagor : « quand les femmes parlent d’amour ! » MARIE DAUGUET Née Julie Marie Aubert, Marie aime vivre librement dans la nature, qui sera sa grande inspiratrice. En 1875, ses parents s'établissent aux forges du Beuchot, au cœur des ballons vosgiens. Elle y épouse Henri Dauguet, un ami d’enfance. « D’esprit cultivé, de sympathie large ouverte à tout ce que je formulais de ma pensée ou de mes rêves, je lui dois l’éclosion de ce qu’on veut bien m’accorder de talent. » Le couple aura une fille. Musicienne passionnée de Chopin, composant et peignant, elle se mit à écrire des poèmes, loin de toute école et de toute doctrine. « L’art fut vraiment pour moi la libération », écrit-elle le ...
... 15 février 1904. Marie Dauguet en 1897 fait paraître son premier ouvrage, « La naissance du poète ». Elle collaborera à plusieurs revues : Mercure de France, Minerva, La Fronde, Revue Hebdomadaire, La Plume, Poésia… Quoique vivant à l'écart, elle connaît les milieux littéraires et fait quelques séjours parisiens. L'Académie française couronne son recueil « Par l'amour » en 1906. En 1924 elle perd son mari et s'installe à Enghien. Cette poétesse des années 1900 est aujourd’hui presque oubliée. Il s'agit pourtant d'une des plus grandes voix du début du siècle, l'une des premières femmes à entrer dans la prestigieuse et ô combien masculine revue du "Mercure de France". La plupart des critiques ignorèrent cette poétesse qui vivait loin des salons littéraires, dans un coin des Vosges où elle s'occupait de sa ferme et de recherches botaniques. COMMENTAIRES Les femmes osent la poésie érotique et Marie Dauguet est une pionnière à son époque. La passion physique se ressent dans le style de ce poème, un peu chaotique, le rythme irrégulier, l'absence de rime ou les rimes répétitives (chair rime avec chair, sauvage avec sauvage, main avec main). Ce poème a une vigueur qui se veut égale à celle du mâle. A noter l'important champ lexical autour de la nature, qu'elle vénère, pour magnifier l'amour charnel. Notez aussi comment toute cette puissance retombe en douceur dans les derniers vers après l'assouvissement. ("dénouent", "retombent", "doux", "enfant", "innocent", ...