1. Le cygne noir (2)


    Datte: 06/03/2023, Catégories: Trash, Auteur: Dante67, Source: Xstory

    ... ni vous faire de remarques sur vos habits ; c’était impoli de ma part. De même, j’aurais dû vous considérer mieux que je ne l’ai fait et vous consacrer plus de temps pour votre stage. Je vous assure que, comme vous pouvez le constater, j’ai bien compris la leçon. Cela ne se reproduira plus jamais, et dorénavant je consacrerai plus de temps pour vous transmettre mon savoir et mes compétences.
    
    Svetlana était droite et professionnelle, habituée aux négociations et aux discours construits. Pourtant, plus elle parlait, plus le sourire qu’elle voyait se dessiner sur le visage d’Odile ne lui inspirait pas confiance. Celle-ci semblait attendre avec amusement la fin de son discours.
    
    — Joli speech. Si toutes mes directives ont été suivies, je considérerai que nous sommes quittes. Mais je dois m’en assurer, n’est-ce pas ? dit-elle en avançant légèrement ses lunettes et en lui adressant un clin d’œil.
    
    Svetlana, troublée, sentait venir le désastre.
    
    — Ben en fait, j’ai... j’ai mis presque tous les vêtements...
    
    — Ah oui ? Puis-je voir ce qui se cache sous cette jupe ?
    
    — Je n’ai pas mis les sous-vêtements que vous aviez envoyés ; c’était trop...
    
    — Alors je crois que nous nous sommes mal comprises. Mes directives n’ont pas été appliquées.
    
    — Sérieusement... je ne vais pas me balader à poil au bureau ! C’est ma vie, ce travail… Regardez-moi : j’ai fait ce que vous m’avez demandé. J’ai honte de moi, vous m’avez humiliée.
    
    Odile prit un air boudeur et se contenta de ...
    ... tendre la main, paume vers le haut.
    
    — Quoi ?
    
    — Sous-vêtements.
    
    — Vous n’êtes pas sérieuse ?
    
    — Au contraire.
    
    — Et si je refuse, alors quoi ?
    
    — Alors je passe un coup de fil qui en entraînera d’autres, et ton téléphone sonnera dans l’heure qui suit pour te demander de venir dans le bureau de ton boss. Après quoi tu te feras virer et blacklister de toutes les boîtes.
    
    — Ce sera ta parole contre la mienne.
    
    — Pas tout à fait…
    
    Odile sortit son téléphone et montra l’écran à Svetlana qui lut, déconcertée :
    
    Mademoiselle, je n’accepterai jamais que l’on m’impose une stagiaire, qui plus est une stagiaire habillée comme vous l’êtes. Je vous suggère de vous trouver un stage par vous-même sans compter sur l’aide de votre père.Svetlana Z.
    
    Elle ne comprit pas sur le coup : ce mail partait de son adresse vers celle d’Odile, qui passa au message suivant :
    
    Madame Z., je suis profondément désolée pour mon accoutrement et suis prête à en changer s’il le faut. Je vous en prie, travailler dans cette entreprise est très important pour moi, et je me suis donné beaucoup de mal dans mes études pour arriver jusqu’à votre bureau. Je n’ai à cœur que de bien faire mon travail et vous satisfaire ; je vous conjure de bien vouloir reconsidérer mon stage.Odile von Rothbart.
    
    L’échange était surréaliste : Odile se faisait passer pour la victime !
    
    Je te donne rendez-vous chez moi ce soir au 12 rue B. Sois là à vingt-trois heures.
    
    Puis un autre mail, toujours de Svetlana ...
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